Place Saint Louis


Au moyen âge la place était appelée en Vesigneuf. C'était un long triangle entre la porte du Pont Sailly et la porte du Champ à Seille au Quarteau, qui occupait le terrain de la place Saint Louis et de la rue du Change.

Le mot de vexin dans le langage messin était employé pour voisin et d'après Paul Ferry le nom de Vésigneuf aurait désigné des voisins neufs, lorsque la place avait été incluse dans la ville.

L'ancien mur d'enceinte se trouvait derrière les maisons de la place, formant une séparation avec les maisons de la rue de la Chèvre. Cette place était donc en dehors de l'enceinte, les marches des arcades marquant l'emplacement de l'ancien fossé devant la muraille.

En 1292 la ville de Metz avait vendu le mur de la cité avec deux maisons hors des airvolds, (arcades) à Isaibelz épouse du sieur Bourguignon, tanneur.

Au début du XIVème siècle une halle située en Vésigneuf était dénommée Halle des Parmentiers (tailleurs). Une chaire en pierre où des sermons étaient prononcés les jours de fêtes, se trouvait au centre de la place.

Le coutre de l'abbaye Saint Arnould avait le choix du jour pour un marché lui appartenant qui se tenait en Vésigneuf.

En 1320 un grand incendie avait éclaté en Vesigneuf.

Vers 1350 la place de Vesigneuf était désignée sous le nom de place aux Drapiers.

Soixante changeurs faisaient le commerce de monnaies étrangères et des métaux précieux. En 1194 l'évêque Bertram avait réglementé leurs droits. Un atour de 1406 ayant pour projet d'agrandir la place, ordonnait la démolition des boutiques de changeurs, ainsi que la halle aux changes.

Au XVème siècle, les mystères ou pièces de théâtre se jouaient sur la place devant de nombreux spectateurs.

Vers 1470 la halle aux blés avait été reconstruite sur la place du côté du Quarteau, où se trouvait également l'ancien grenier à sel.

Le 27 février 1607, par contrat devant le notaire Travault, une maison de la rue du Vesigneuf avait été donnée aux Célestins.

Sous les airwolz en Vésigneuf était appelé la petite place.

La boulangerie de Dominique Fournier était située place Royale Saint Louis dite la petite place. En juillet 1707 sa boulangerie avait été transformée par le remplacement d'une arcade et la pose d'un étal qui avançait de 19 pouces sur l'alignement de la maison.

Avant le XVIIIème siècle, la place du nom de place au Champé, était contigüe à la rue du Change où se trouvaient auparavant les changeurs.

Le curé Louis Ferdinand de la paroisse Saint Simplice avait acheté une statue de Louis XIII découverte dans les ruines de la citadelle. L'ayant fait restaurer, il lui avait mis dans les mains une couronne d'épines et des clous de la croix. L'administration municipale l'avait autorisé en 1707 à poser cette statue sur la fontaine de la place située un peu au dessus du portail de l'église Saint Simplice. En 1746 la statue avait été déplacée avec la fontaine adossée à l'hôtel Foucquet.

D'après les annales de Baltus, la place qu'on nommait au change, avait été nommée place Saint Louis en 1707 bien que la statue de Louis XIII ne soit pas celle de Saint Louis.

Pourtant d'après un acte de 1410, une maison avec jardin était située derrière luixe de Saint Louis. Luixe pris pour l'huis qui signifie quartier ou porte, pourrait être une preuve que le nom de Saint Louis existait déjà au début du XVème siècle.

L'hôtel Fouquet

L'hôtel du Vesigneuf devenu l'hôtel Fouquet, vaste habitation avec jardin, était habitée en 1746 par René François de Fouquet, lieutenant général au gouvernement, ville et évêché de Metz et du pays messin. Cette même année la fontaine publique adossée à l'hôtel Fouquet recevait de l'hôpital Saint Nicolas alimenté par les eaux de Tivoli au Sablon, un filet d'eau suffisant pour l'alimenter.

C'est dans ce bâtiment qu'avait été créé par la suite l'établissement d'imagerie de messieurs Dambour, Gangel et Didion.

L'église Saint Simplice

La façade de l'église Saint Simplice se trouvait face à la rue actuelle de la Tête d'Or. L'église avait servi lors de la révolution de dépôt pour les cloches des églises, puis de magasin militaire et avait été démolie en 1806.

Le presbytère occupait les maisons voisines de l'église et de l'hôtel Fouquet qui était séparé de l'église par un porche. A la révolution il avait été vendu au citoyen Génot, juge de paix, puis démoli lors de la création de la place Saint Simplice.

Au début du XVIIIème siècle, les revendeurs et les charcutiers installés sous les arcades, avaient remplacé les changeurs.

Vers 1750 la rue de la Tête d'Or avait été prolongée jusqu'à la place Saint Louis. Un premier plan la prolongeait en ligne droite à travers trois maison situées sur la place Saint Louis qui auraient été à démolir. Un plan suivant daté du 26 juin 1733 épargnait ces trois maisons, la rue devenue légèrement oblique n'occupait plus que l'emplacement de deux maisons, pour aboutir face à l'église Saint Simplice.

En 1749 au cours des travaux, dans la maison faisant l'angle de la rue avec les arcades, un puits existant avait été comblé. Un écoulement d'eau considérable s'était alors produit dans la cave de cette maison et un aqueduc avait été installé pour évacuer l'eau depuis cet endroit jusqu'au Pont Sailly.

Le pilori était situé sur la place Saint Louis. Les condamnés y subissaient l'exposition ainsi que la marque au fer rouge. Les exécutions capitales avaient également lieu sur la place. Les condamnés arrivaient avec la corde au cou, une torche à la main, pour faire amende honorable devant l'église Saint Simplice.

Une maison située proche de la rue de l'abreuvoir avait sa façade donnant sur la place Saint Louis. Appelée la Maison Rouge, de gros travaux étaient prévus pour la rendre habitable. En mai 1782 son propriétaire avait obtenu l'autorisation de faire des transformations, avec la fermeture des ouvertures vers la rue de l'abreuvoir et la création d'une boutique sur la place Saint Louis. En outre il lui avait été imposé d'exhausser sa façade donnant sur la place, à la même hauteur que la maison voisine.


En juin 1791 Augustin Vignon possédait une maison dont la cave voûtée avançait presque jusqu'au milieu de la rue. Séparée de la rue par un mur élevé, seuls les piétons pouvaient s'y engager. Pour la commodité publique, la ville avait fait démolir l'ancien mur ainsi que la voûte de la cave. Située à l'entrée du marché de la place Saint Louis, la rue avait été mise à niveau et nouvellement pavée pour ne plus faire qu'une avec la place du marché.

Les représentants du peuple de Metz avaient remplacé en septembre 1792 le nom de place Saint Louis par celui de place de la Liberté ou de la Légalité.

Par arrêté de 1806 le marché aux grains de la place était reconnu le principal marché de la ville.

La fête de Saint Louis avait eu lieu le mercredi 25 août 1824. Elle avait été annoncée la veille à 7 heures du soir par la cloche de la Mutte, les autorités civiles et militaires s’étant réunies à la cathédrale à 10 heures, où une messe avait été célébrée. La musique de tous les corps s’était réunie le mardi soir, ainsi que le mercredi à 5 heures du matin, sur la place Saint Louis entre autres. Le soir du même jour, les corps de musiques de la garnison, sur les places, avaient joué une heure avant la retraite qui était fixée à 10 heures.

Monsieur Dornès qui habitait place Saint Louis, élu membre de l'assemblée nationale en 1848, était décédé trois mois plus tard d'une blessure reçue sur une barricade.

Charles joseph de Lacretelle publiciste et historien, décédé près de Macon le 26 mars 1855, était né sur la place en 1763.

Des pavages neufs avaient été posés en 1891 sur la place Saint Louis.


Les commerces en 1936

Sous les arcades n° 1/3 mercerie-bonneterie, n° 5/7 chaussures, n° 9 boulangerie pâtisserie, n° 11 fruits et légumes, n° 13 comestibles, n° 15 bonneterie et chaussures, n° 17 épicerie, n° 19/21 chaussures, n° 23/25/27 layette, n° 29/31/33 bonneterie en gros, n° 35 bonneterie, n° 37 mercerie, n° 39 pâtisserie et fourrures Saint Louis, n° 41/43 chaussures, n° 45 comestibles, n° 47 à la ville de Strasbourg, chapelier, n° 49 Bernardy, articles de pêche, graines et semences, n° 51 beurre, œufs, fromage, n° 53 chemiserie, n° 55 épicerie Sanal et articles de voyages, n° 57 droguerie, n° 59 confection "au gagne-petit", n° 61 beurre et œufs, n° 63 Lion frères, bonneterie, n° 65 café "au rendez-vous des chauffeurs" n° 67 café de Paris,

année 1929 année 1913 année 1923 année 1929 année 1926

N° 2 botterie du progrès, n° 4 coiffeur, corporation des coiffeurs, n° 6 café de l'est, n° 8 confection "à Saint Louis", n° 10/12 pharmacie Normale, Masius, n° 32 droguerie lorraine, n° 34 café des halles, n° 36 caisse patronale du bâtiment, n° 38 fourrures, n° 40 Dondelinger installateur sanitaire, n° 42 bières en gros, n° 44 boulangerie, n° 46 épicerie, n° 48 fournitures pour électricité, n° 50 "L'Austrasie" revue du pays messin.

Année 1918 année 1931 année 1931 année 1926 année 1926 année 1926 année 1926 année 1926 année 1926 année 1927 année 1929 année 1913 année 1918 année 1922 année 1923 année 1928 année 1929 année 1933 année 1918 année 1918 année 1918 année 1932 année 1927 année 1928 année 1933 année 1950 année 194.


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Le 2 février 2011, percutée par un camion, la copie de la statue de Saint Louis s'était écrasée en mille morceaux sur le pavé de la place du même nom.

Le 8 décembre suivant, une nouvelle copie de la statue avait retrouvé son emplacement sur la place Saint Louis.




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