Que d'eau !

En 1881 les propriétaires de la partie basse du Sablon, aux abords de la ville entre la route de Magny et le chemin de l'église, se plaignaient de difficultés depuis 2 ou 3 ans, avec leurs terrains trop humides, provenant soit des filtrations du bassin du canal, soit des sources coulant du plateau supérieur.

Les recherches avaient permis de constater que le débit des sources avait beaucoup augmenté et que l'on pouvait leur attribuer la submersion des terrains, surtout le jardin de la fontaine brûlée appartenant aux hospices.

Le curage des fossés n'avait pas été fait, le fossé du chemin de l'église n'avait plus d'écoulement, le fossé le long de la sente en mie débordait.

Les hospices avaient fait creuser la partie le long de leur terrain, sans résultat, les autres riverains ne l'ayant pas fait.

Une association libre, pour l'assainissement des terrains situés près de la route de Metz à Magny avait vu le jour en avril 1881. Les propriétaires s'engageaient à céder le terrain nécessaire pour créer un nouveau fossé. La plus grande partie de leurs jardins était située route de Magny, avec au nord le port du canal (emplacement de la poste actuelle), et au sud à environ 170 mètres de la route militaire (rue Lothaire).

Tout était cultivé en potager, la récolte étant généralement abondante. La pente du fossé était favorable à l'écoulement des eaux, mais entravée par les nombreux ponts établis sur le fossé de la route de Magny.

Un curage des fossés et la construction d'un nouvel aqueduc à côté de la route militaire étaient prévus.

En avril 1883 il était devenu nécessaire que le fossé dit Pré sur Seille venant du fort du Pâté soit nettoyé à partir du chemin rural au canton La folie jusqu'à son embouchure dans la Seille.

Entre temps, en juin 1882, une association syndicale s'était créée se donnant pour président Jean François Berné. En janvier 1884 Jean François Berné avait été contraint de démissionner, ayant presque perdu la vue. Il avait été remplacé par François Pecheur qui avait laissé la place à Jules Berné celui-ci démissionnant en septembre 1885 pour être remplacé par Charles Michaux.

En 1887 des protestataires s'étaient opposés au curage du fossé compris entre le lavoir (angle rues du lavoir et Saint André) et la Seille, estimant que le fossé n'avait pas besoin d'être curé, car entretenu régulièrement par les riverains. De plus le curage risquait d'être préjudiciable à certains murs qui le longeaient, la terre le bordant n'ayant pas de consistance. Finalement en 1888 Schroeder, propriétaire de la Hallesydrac, avait demandé qu'il soit procédé au curage du fossé, mais neuf propriétaires avaient refusé craignant pour la solidité de leurs murs. La commune avait proposé de supprimer l'aqueduc au dessous du canton les mottes et de rétablir le cours naturel du fossé, les propriétaires ayant 30 jours pour faire curer leur fossé.

Il avait alors été constaté que toutes les eaux comprises entre la route de Magny, jusqu'au chemin rural qui conduisait à la ferme de la Horgne, se déversaient dans la Seille par un fossé à ciel ouvert qui avait toujours existé derrière le mur de la Hallesydrac. Pour gagner du terrain, Schroeder, sans l'accord de la mairie, avait comblé ce fossé, le remplaçant par des tuyaux de drainage qui s'avèraient insuffisant en cas d'orage ou de fonte des neiges, ce qui avait provoqué les inondations. Une pétition du voisinage (18 signataires) avait demandé la réouverture du fossé.

En avril 1888 Georges Schroeder avait été mis en demeure de démolir dans les 6 semaines l'aqueduc construit sans autorisation derrière sa cour. La mise en exécution de l'arrêté avait été ajourné en mai, car Schroeder avait proposé la conservation de la conduite et avait offert de faire un nouveau fossé à proximité et parallèle à l'ancien. Les voisins réclamaient cependant le rétablissement du fossé existant, le maire étant du même avis, car il craignait les dégâts occasionnés par les orages. En définitive le propriétaire de la Hallesydrac avait obtenu un délai supplémentaire jusqu'en novembre pour exécuter les travaux.

En juin 1887 un projet de passage des eaux provenant de la caserne d'artillerie en construction à Montigny, prévoyait son déversement dans la Seille. Avant ce projet, déjà par temps d'orage, les crues du ruisseau actuel inondaient les caves et les remises des propriétés voisines. Les propriétaires s'inquiétaient, craignant plus d'inondations, des eaux sales ne pouvant plus servir à l'arrosage des jardins, de mauvaises odeurs pendant les chaleurs, des eaux devenues marécageuses faisant perdre de la valeur aux terrains, des légumes qui seraient empoisonnés, des terres des jardins à proximité qui seraient emportées par les eaux.

Entre temps en juin 1881 la supérieure du couvent Sainte Chrétienne s'était plainte que jusqu'àlors, l'eau qui était suffisante pour la maison, la buanderie et le jardin, n'était plus assez abondante. Elle attribuait ce déficit d'eau à la tranchée ouverte par le chemin de fer près du passage à niveau (à proximité de l'ancienne fabrique de couleur de Monsieur Mey face à la rue Saint André). De ce fait l'eau au lieu d'alimenter leur fontaine et leur puits, ainsi d'ailleurs que les puits des habitants voisins, allait par cette tranchée se jeter en grande quantité dans la Seille. D'autres réclamations avaient suivi, une centaine d'habitants de Montigny, l'hôpital Saint Nicolas, estimaient que le chemin de fer pour mettre ses bâtiments à l'abri de l'humidité avait fait construire un aqueduc destiné à déverser l'eau des sources dans la Seille.

Suite aux réclamations, la même année, le chemin de fer avait refermé la tranchée ouverte, avait posé des tuyaux prenant l'eau dans la nappe près de la Horgne, où l'eau sortait en abondance, pour la déverser dans la Seille. Le niveau des puits, citernes et lavoirs avait de nouveau baissé, mais l'administration avait estimé qu'il n'y avait aucune influence sur le niveaux des eaux.

L'administration avait cependant fait vérifier si les changements opérés par la ville de Metz, à ses conduites d'eau venant du Sablon, n'avait pas occasionnés une plus forte dépression de la nappe d'eau.

Vers 1860/1870 une nouvelle conduite longue de 690 mètres, partant du passage du Sablon (rond point actuel), passant par la rue aux Arènes jusqu'au Pâté (centre Pompidou actuel) pour aboutir à la porte saint Thiébault (avenue Foch) avait remplacé une ancienne conduite. Celle-ci longue d'environ 1.200 mètres, depuis le passage du Sablon traversait des jardins situés entre l'ancienne gare et la gare actuelle pour rejoindre la porte Saint Thiébault. Le changement de conduite avait été nécessité par la construction d'une fortification destinée à protéger l'ancienne gare, sous laquelle passait l'ancienne conduite.

Les sœurs du couvent avaient fait remarquer que si le chemin de fer n'avait pas fait baisser le niveau des voies ferrées, il n'y aurait pas eu de problèmes, puisque depuis 25 ans le niveau des voies plus élevé n'avait pas créé de difficultés.

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