Le Bras Mort

Le Bras Mort Le Bras Mort

Fin avril 1790 à l’issue des vêpres paroissiales le maire de Longeville avait loué par adjudication le terrain dit le pré du Saulcy derrière les maisons et jardins près de la Moselle. Le règlement de cette location prévoyait que l’adjudicataire ne pouvait empêcher les personnes à pied de passer dans le terrain, ni d’y blanchir les toiles, laver et pendre les lessives, ainsi que toutes sortes des choses que la coutume ancienne permettait. Il ne pouvait faire aucun dépôt de quelques natures que ce soit dans le terrain ou sur le bord de la rivière. Il n’avait pour passage pour emmener pâturer les bestiaux, que la ruelle près de la maison de monsieur Beausire. La place de terrain qui avait été nouvellement planté en saules était réservée et aucun bestiaux ne pouvait y pâturer. La municipalité y avait fait construire un fossé qui marquait l’entrée du terrain réservé.

En mars 1791 il avait été adjugé une place pour y déposer le sable tiré de la rivière. D’une surface de 30 pieds carrés, elle se trouvait vis-à-vis de l’abreuvoir en laissant le passage libre vers les prés. L’adjudication avait été criée et après que plus personne n’avait enchéri, elle avait été adjugée pour la somme de 21 livres à Pierre Mercier et Curin Jacquin.

En août 1852 le conseil municipal avait été informé d’un projet de tracé du chemin de fer. La compagnie des chemins de fer avait entrepris des travaux dans la prairie de Scy entre la Moselle et le bras mort.

Des craintes avaient été formulées par le conseil :

  • sur les moyens pour communiquer avec l’abreuvoir dans l’île Saint Symphorien où étaient situés les prés de la commune et où les troupeaux allaient paître une grande partie de l’année. Il était recommandé que la voie ferrée franchisse le bras mort à son embouchure, par deux arches de 12 à 15 mètres d’ouverture pour faciliter le passage des bestiaux qui se rendaient à la nage dans le pré.
  • une demande pour que la digue en construction dans la prairie de Scy pour protéger des inondations, soit prolongée jusqu’au pied du Saint Quentin afin que les eaux n’envahissent pas le village. Que plusieurs arceaux soient créés dans le milieu de cette digue pour que lors des crues, les eaux et les glaçons viennent balayer le fond du bras mort pour le nettoyer et l’assainir.
  • qu’un passage pour les piétons soit pratiqué sous la voie, auprès de la grande route afin de ne pas interrompre les communications pour les habitants.
  • Les eaux du bras mort servant à la boisson des bestiaux, ainsi qu’à l’industrie de la blanchisserie, les travaux risquaient de leur nuire.

Un an plus tard le conseil faisait les constats suivants :

  • Les travaux du chemin de fer pas encore achevés, avait déjà gêné l’écoulement des eaux du bras mort à tel point que la vase s’y accumulait et que des roseaux et autres herbes aquatiques s’y trouvaient là où il n’en existait pas auparavant.

  • L’effet des vents d’est qui auparavant faisait refluer les eaux qui emportaient les détritus accumulés, n’avait plus d’effet en raison de la barrière du chemin de fer.
  • Les eaux accumulées dans le fossé qui longeait la digue n’ayant pas d’écoulement exhalaient déjà des odeurs fétides. Le conseil avait demandé que ce fossé soient comblé où que l’on donne un écoulement aux eaux stagnantes.
  • Demande que le chemin pavé établi sur le côté extérieur du chemin de fer et aboutissant au trottoir existant pour établir la communication directe de Longeville à Metz, soit fait en même temps que la voie ferrée.
  • La commune était privée depuis près d’un an d’une partie du pré dit aux cochons par les travaux du chemin de fer.

Le pont du chemin de fer

Au printemps 1854 le chemin de fer avait proposé une indemnité que la commune trouvait trop faible, pour l’occupation du terrain sur la pâture du pré aux cochons.

La crue des eaux pendant l’hiver passé, ainsi que le dégel, avaient causé le long du canal creusé pour l’entrée en bateau dans la saussaie Limbourg, un éboulement des terres qui avait fait perdre à la commune environ deux ares de terrain, sur 1.50 mètre de large pour 132 mètres de longueur, lieudit au pont Brinquet.

Détérioration également du terrain d’alluvion propriété de la commune, qui se garnissait de saules sur la rive de la Moselle, où du gravier était extrait pour le terrassement de la voie ferrée qui s’établissait sur l’ancienne route.

Les lavandières établies à l’abreuvoir avaient dû en juin 1853, laisser libre le passage des bestiaux. Les nacelles (barques) qui séjournaient à l’abreuvoir avaient été déplacées vers la Villa, pour laisser le même passage libre, à l’exception des nacelles de la commune qui étaient nécessaires à cette place pour le service du pâtre et du garde champêtre.

Deux ans plus tard le conseil municipal prenait conscience que des nacelles appartenant à des habitants de la commune, étaient laissées à la disposition des enfants et qu’il pouvait en résulter des accidents graves. Il avait été défendu de confier ces nacelles à des enfants de moins de 18 ans.

Ces nacelles pouvaient aussi servir à des malfaiteurs pour aller marauder pendant la nuit. Il avait été ordonné que chaque nacelle ait un numéro donné par le maire, peint sur chaque côté d’une hauteur de 15 cm.

En janvier 1862 un arrêté du maire avait réglementé le stationnement des nacelles dans le bras mort.

Les barques attachées au pieu soutenant les terres contribuaient à dégrader le bord de la rivière. D’après une prescription de l’autorité supérieure les barques devaient être attachées par une chaîne et un cadenas à un anneau scellé dans une pierre.

L’abreuvoir n’étant pas assez large pour recevoir toutes les nacelles de la commune, ceux qui voulaient les laisser sur le préau communal en faisaient la demande au maire qui pouvait l’accorder contre une indemnité annuelle de 2 francs.

Été 1855, les eaux du bras mort étaient stagnantes et retenaient tout ce qu’on y jetait. La digue de garantie en empêchant les inondations empêchait aussi les grandes eaux de les nettoyer. En conséquence le bras mort risquait de se combler et de former un marais putride.

Les eaux abreuvaient les bestiaux et servaient à une industrie de blanchissage du linge qui nourrissait plusieurs familles de la commune.

Un règlement avait été institué :

  • Le préau de la commune étant un lieu de réunion pour les fêtes publiques, les bonnes mœurs exigeaient que l’on s’y conduise avec décence. Il était aussi défendu de s’y baigner.
  • Il était interdit de déposer des ordures sur le préau, d’y laisser des détritus des jardins et tout ce qui pouvait nuire à la propreté.
  • Il était aussi défendu de laisser vaguer des animaux, ceux qu’on y amenait paître devaient être attachés de manière à ne pas endommager les arbres.
  • Il était défendu de jeter dans le bras mort des immondices, des herbes et des animaux morts.

Pour remédier aux eaux stagnantes bien des questions se posaient en décembre 1855.

Si le barrage était maintenu, quelle devait en être la hauteur ?

Prescrit par arrêté du 15 octobre 1853, ce barrage avait été établi au fond du ruisseau de Montveaux , et un fossé de dérivation creusé pour amener les eaux de ce ruisseau dans le bras mort de Longeville.

Le conseil avait envisagé que le fossé soit creusé de 15 centimètres pour que ses eaux aient plus de chasse et qu’en outre à son entrée dans le bras mort il soit creusé jusqu’à 20 cm en dessous du bord de la digue. A cet effet il était nécessaire de baisser le radier des arceaux pratiqués sous la digue de garantie de 50 à 60 centimètres environ.

Les courants n’existant plus, les résidus et immondices nauséabondes que les eaux de lavage de l’amidonnerie y amenaient malgré la surveillance de l’autorité, ne pouvaient être enlevé et en comblant une partie du bras mort ajoutaient une nouvelle cause d’insalubrité.

Dans l’enquête qui avait été faite lors de la construction de la digue de garantie, le conseil avait demandé que la compagnie du chemin de fer y pratique vers le milieu une ouverture qui aurait permis aux eaux des crues d’arriver avec abondance dans le bras mort, requête repoussée par la compagnie.

Le conseil prévoyant l’insuffisance des eaux du ruisseau de Montveaux, avait persisté dans sa demande et fait ses réserves à ce sujet.

Pour donner satisfaction à Longeville, sans blesser Moulins les Metz qui s’opposait à une large ouverture de la digue, pour y laisser passer les crues de la Moselle conduites dans le bras mort par le fossé existant le long de la digue, cette disposition aurait aussi l’avantage de diminuer les ravages que les crues produisaient sur le territoire de Montigny.

Le problème pour lutter contre la pollution se posait toujours dans le courant de l’année 1861.

Les eaux du bras mort n’avaient toujours pas d’écoulement et les herbes aquatiques s’y accumulaient pendant les basses eaux et les chaleurs de l’été avaient occasionné de nombreux cas de fièvre.

L’impureté des eaux provenait surtout du purin, des immondices et des eaux ménagères qu’y s’y écoulaient.

Des dispositions avaient été prises pour remédier au problème :

  • Le purin qui provenait des tas de fumier ou des étables devait être recueilli dans des fosses et livré au commerce ou répandu dans les champs.

  • Les immondices seraient également portées dans les champs ou dans le grand courant de la Moselle, les eaux ménagères étant recueillies dans des puisards dont chaque maison devait être pourvue.

  • Une visite dans les maisons pour constater les travaux faits était prévue dans le courant du mois d’août. Au mois de septembre des poursuites contre les propriétaires dont les maisons n’auraient pas de puisard, ni de lieu d’aisances, seraient faites.

En décembre plusieurs maisons étaient encore dans ce cas. Les maisons privées de latrines, de fosse à purin ou de puisard étaient tenues d’en faire construire pour le 31 mars 1862. A cette date une visite serait faite dans les maisons signalées et un procès verbal en serait dressé.

En novembre 1864 de petits travaux indispensables tels maçonnerie du bassin, madrier, achat de boulons et écrous, avaient été faits au petit lavoir lieudit derrière le village, pour une somme de 52,25 francs.

En juin 1869 toujours le problème de la construction du pont du chemin de fer qui étant oblique au courant, arrêtait l’eau des crues qui ne supprimait plus la vase du bras mort, mais au contraire y déposait du limon.

Les propriétaires riverains entendus, le conseil avait émis l’avis que la compagnie ne fasse pas d’autres modifications que de baisser le radier de manière à ce que les eaux puissent s’écouler librement dans le bras mort.

En octobre 1869 la compagnie du chemin de fer ne refusait pas de donner satisfaction à la demande du 6 juin précédent puisque la réalisation ne pouvait qu’exercer une influence favorable sur le niveau des eaux lors des crues.

Elle était disposée à un abaissement de 0.76 mètre pour l’un et de 1.01 mètre pour les deux autres. Le ponceau de la ligne de Reims à Metz serait lui-même pourvu d’un radier établi à la même cote. Le radier général qui réunirait les deux ouvrages concernés serait protégé à l’amont et à l’aval par des para fouilles de 1mètre de profondeur sur 1 mètre de large. Les propriétaires riverains avaient adhéré aux propositions de la compagnie de l’est.

Le président de la Lorraine en 1883 était opposé à l’établissement d’un chenal dans le bras mort parce que l’exécution de ce projet serait sans grand résultat pour des dépenses trop onéreuses. L’ingénieur départemental des cours d’eau avait proposé de faire des travaux d’assainissement de moindre importance pour 2.150 marks à la charge de la commune. N’ayant pas les fonds nécessaires la commune avait reporté ces travaux à plus tard.

Lors de discussions au sujet de l’usage de l’extrémité de la ruelle, il avait été décidé qu’elle ne devait servir qu’à l’usage de lavoir et non d’abreuvoir. Une barrière avait été établie à cet effet

Le pont en bois qui desservait la saussaie Limbourg, était en partie effondré en 1877. Il avait été demandé que l’administration ordonne sa démolition et ne permette pas sa reconstruction au même endroit. Il était un obstacle sérieux pour les piétons qui voulaient aborder cette partie du bras mort où étaient les lavoirs, ainsi que les terrains qui étaient loués par la commune. Cet obstacle enlevé il serait facile d’établir un passage pour les voitures qui voulaient aborder ce terrain en leur évitant un grand détour par le village.

Plan début 20ème siècle

Le conseil avait autorisé en 1886 le maire à louer la place de dépôt de sable qui se trouvait près de l’abreuvoir.

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