L'école Saint Bernard est devenue le collège Rabelais

En novembre 1909 le conseil municipal avait décidé d'acquérir 43 ares de terrain pour la construction d'une nouvelle école, à l'angle des rues Saint Bernard et de la Croix, lieudit Tivoly. La construction était prévue pour le printemps 1910. C'est la raison pour laquelle la commune avait refusé l'acquisition qui lui était proposée, de baraques écoles dont elle n'avait pas l'usage.

Ecole Saint Bernard vers 1914-1918 vue depuis la rue Saint BernardConstruite d'après les plans de l'architecte Frohlich, l'école avait été inaugurée le 29 novembre 1912. Elle comprenait un cabinet médical et une clinique dentaire. Une cuisine était réservée à l'enseignement ménager des jeunes filles et des cours du soir y étaient organisés pour les femmes et jeunes filles de la ville. Le grand hall de gymnastique pouvait se transformer en salle des fêtes. En sous-sol des bains et des douches accueillaient la population.








Une horloge avait été achetée et livrée par monsieur Schindler en 1921.
La demande d'agrandissement des bains publics, demandée par le directeur de l'école en octobre 1922 avait été reconnue justifiée par le bureau d'architecture. En mai 1931 le conseil municipal avait approuvé l'agrandissement et voté le crédit nécessaire.

En 1922 l'éclairage électrique dans les classes de l'école Saint Bernard avait été modifié.

En juin 1927 une conduite d'eau avait été installée au 3ème étage de façon à permettre le nettoyage des WC de cet étage.

En 1932 décision d'achat de l'immeuble n° 37 rue Saint Bernard, (maison Sainte Agathe) qui était réservé pour la construction d'un nouveau groupe scolaire. Les plans et devis avait été approuvés par le conseil municipal le 17 mars 1933. Une demande de subvention avait été adressée à l'état pour l'achat du terrain et un emprunt était prévu pour la construction de l'école.
La maison Sainte Agathe en 1913 Démolition en avril 1933 de la maison Sainte Agathe
La maison Sainte Agathe ainsi que des petites maisons situées à l'entrée actuelle du collège avaient aussi été démolies.
Emplacement de l'entrée de l'école de garçons Emplacement de l'entrée de l'école de garçons
Le nouveau bâtiment avait été construit en 1934.
Construction de l'école
Le bas relief en ciment au dessus de la porte d'entrée était du à monsieur Legendre, sculpteur à Paris et deux grands panneaux décoratifs des façades sur cour étaient de monsieur Le Roy décorateur à Verdun.

Robert Decker+, élève de l'école, était devenu archiviste. Sur cette photo du cours supérieur en juin 1934, il se trouvait sous la flèche et son banc était marqué d'une croix.

En 1936 avaient été réalisés les travaux de plâtrerie et l'asphaltage du préau.

Avant et au début de la guerre l'enseignement était fait par les religieuses. En arrivant le matin, restées debout, les élèves en forme de bonjour disait loué soit Jésus Christ ma sœur.
Dans l'école au dernier étage, des séances de cinéma étaient organisées par l'abbé Cailloux le dimanche après-midi.

Du jour au lendemain, lorsque la Lorraine avait été annexée, les crucifix avaient été enlevés dans les classes et devant les portraits il fallait faire Heil"............ Les sœurs du couvent avaient cessé d'enseigner aux élèves, pour être remplacées par des maîtres allemands.
Les enfants des écoles s'étaient rendus à la Porte des Allemands, pour recevoir le "Gauleiter", en agitant des petits drapeaux allemands et avaient l'obligation de défiler dans la rue, en chantant !
Les allemands avaient regroupés des soldats français, prisonniers, dans la cour de l'école. Ils demandaient aux enfants derrière les grilles de leur apporter des vivres et des cigarettes que les enfants réclamaient à leurs parents. (souvenirs de Loulette)

Pendant la guerre la nouvelle école avait été transformée en hôpital et en partie détruite lors des bombardements de 1944.

Après les bombardements du printemps 1944

Anecdote : pendant la guerre aux environs de 1943, deux garçonnets dont le fils du concierge de l'époque, jouaient dans les caves de l'école démunies d'éclairage. Pour se diriger dans les différentes caves, ils s'éclairaient à l'aide de torches composées de paille (paille trouvée dans les paillasses). Par inattention ces enfants avaient mis le feu aux paillasses et mobilier stockés dans le sous-sol. Le feu rapidement éteint par les allemands présents dans le bâtiment, les enfants avaient été convoqués à la kommandantur accompagnés de leurs parents. N'étant pas reconnus comme un acte de sabotage, après une remontrance aux enfants, il n'y avait pas eu d'autres poursuites.

Reconstruit après guerre le bâtiment abritait l'école de garçons, tandis que la partie construite pendant l'annexion était occupée par les filles.

Description intérieure

  • Dans la grande salle de douches, au sous-sol, un grand bassin carrelé d'environ 6m X 20m, entouré d'un muret carrelé avec des escaliers d'accès à 3 ou 4 marches. Au dessus du bassin, les tuyaux d'arrivée d'eau alimentaient des rangées de pommeaux à douche. Sur un mur, il y avait le panneau de commande (réglage température, arrivée d'eau, thermomètres de contrôle) que le concierge avait la responsabilité d'opérer à chaque fois qu'une classe allait à la douche. En 2004 les douches n'existaient plus. L'espace avait été aménagé en salle de classes et labo de sciences.
  • De part et d'autre du fronton central sur les deux étages, l'appartement du concierge. Les deux fenêtres du premier étage, à gauche de l'entrée principale étaient les fenêtres d'une chambre. En dessous, il y avait une salle à manger, une pièce réservée aux grandes occasions.

En haut au dernier étage, il y avait deux appartements, dont celui du directeur.

  • L'entrée principale était réservée aux instituteurs, les élèves devant passer par la cour, à l'arrière du bâtiment. Le concierge avait la charge d'ouvrir et fermer le portail de la cour aux heures d'entrée/sortie des classes et malheur aux retardataires qui devaient alors entrer par l'entrée principale où le concierge les dirigeaient vers...le bureau du Directeur !
  • L'école Saint Bernard accueillait également les bureaux de vote à chaque élection. C'était le concierge qui était alors chargé d'aménager "la grande salle". (celle-ci a été divisée en plusieurs salles de classe depuis) Tous les bulletins de vote inutilisés destinés à la poubelle formaient en permanence un stock de papier brouillon que la fréquence des périodes électorales rendait inépuisable. La grande salle accueillait donc des centaines de personnes de 8H00 le matin jusqu'à tard après le dépouillement. L'interdiction de fumer n'étant pas ce qu'elle est maintenant, la grande salle nécessitait une désinfection dont le concierge avait la charge. Il disposait des espèces de diffuseurs dans lesquels il mettait un produit qui dégageait une fumée dont les effets étaient de "purifier" l'atmosphère ! Et ça empestait dans tous les couloirs de l'école.
  • L'école Saint Bernard était chauffée au charbon. Il y avait dans les sous-sol de l'école une chaufferie digne de Gustave Eiffel, avec des passerelles, des escaliers et rambardes métalliques. Des plaques de fer masquaient des soupiraux le long des murs de l'école. Des camions livraient des m3 de charbon par ces soupiraux et toute une partie du sous-sol était remplie de tas de coke. Le concierge était chargé d'alimenter la chaudière parfois 3 fois par jour. Il remplissait à la pelle un wagonnet de mine qu'il roulait jusqu'au dessus d'une trappe placée au dessus de la chaudière. Il déversait le charbon dans la chaudière en ouvrant le fond du wagonnet.
  • Sous les WC de la cour de récréation il y avait un tunnel qui permettait d'accéder aux tuyauteries d'alimentation des chasses d'eau et des rejets. Pour y accéder il fallait traverser la chaufferie, les tas de charbon et s'engager dans le tunnel où il y avait quelques rares ampoules qui ne suffisaient pas à éclairer les rats, araignées géantes, chauve-souris suceuses de sang qui devaient certainement habiter les lieux.

A l'époque, on disait les cabinets, c'était plus français et plus élégant. Ils se divisaient en deux, pour la petite commission il y avait le mur qui était goudronné. En bas, une rigole d'évacuation. L'autre partie était réservée aux besoins plus consistants. C'étaient des petites cabines avec des portes qui ne fermaient pas. Ce n'était pas aisé de tenir la porte tout en œuvrant. Alors, il fallait trouver un copain qui montait la garde. Souvent, la bonne âme avait un côté farceur, appelait les copains et ouvrait la porte.
(Précisions de Jacques Lorrain qui nous a quitté récemment)

Quand le collège Rabelais était encore l'école primaire Saint Bernard. Jacques Lorrain essaie de monter sur le solex (Année 1958). Son père, le concierge de l'école se trouve à droite et sa mère au milieu. (photo Jacques Lorrain)


En 1969 l'école Saint Bernard était devenue collège sous l'appellation de C E S Rabelais
Un terrain était disponible pour y construire une école, mais trop petit pour contenir l'ensemble d'un collège. L'école Saint Bernard d'une surface de 12.144 m2 et d'une capacité d'accueil de 1.100 enfants, convenait tout à fait pour ce projet.
Terrain sur lequel a été construite l'école Auguste ProstL'école Auguste Prost avait été construite sur ce terrain et l'école Saint Bernard avait été transformée en collège.

A la rentrée scolaire en 1969 les classes de l'école primaire de garçons avaient quitté l'école Saint Bernard pour s'installer rue Auguste Prost. Les classes d'enseignement secondaire avaient constitué le collège d'enseignement général (CEG) dirigé par monsieur Maschino.
Le conseil des professeurs avec monsieur Riva, délégué de l'équipe de quartier, s'était réuni pour trouver un nom pour le nouvel établissement.
Plusieurs patronymes de personnalités messines avaient été proposés, mais aucun n'avait reçu l'agrément du conseil. Sur la proposition de monsieur Mosin, professeur d'histoire- géographie, le nom de François Rabelais avait été retenu. Le motif invoqué était que Rabelais persécuté pour ses idées, avait demandé l'asile à la ville de Metz en 1546/1547 où il avait occupé la fonction de médecin stipendié de la ville. La commission scolaire municipale et l'inspection académique avaient donné leur agrément.

L'inscription École de garçons avait disparu, bien qu'encore lisible (année 1970) (photo Jacques Lorrain)


L'école Saint Bernard s'appelait enfin le collège François Rabelais.


En novembre 1994 le gymnase du collège Rabelais, connu sous le nom de salle Saint Bernard était interdit d'utilisation par une commission de sécurité, depuis environ un an. La chaudière était vétuste et l'installation électrique hors norme. Les élèves utilisaient une petite salle contigüe, la cour ou le terrain municipal derrière le collège, pour les cours de sport.

Toujours pareil à lui-même, le collège et sa cour en 1997
Collège en 1997 Cour du collège en 1997

Livraison en juillet 2001!!!

Perché sur le bord du toit la personne chargé de la réception n'a pas le vertige.


Ravalement du collège
Mise en place d'un échafaudage Mise en place d'un échafaudage
Échafaudage
Le collège Rabelais était entouré d'échafaudages depuis le mois de juillet 2007.Les premiers travaux avaient commencé avec le décapage du mur de clôture. Une première couche de crépi avait recouvert les pierres mises à jour.
Décapage mur de clôture Mur de clôture

Après les travaux de ravalement la façade avait retrouvé une nouvelle jeunesse. Seule l'ancienne école de filles inaugurée en 1912 avait été ravalée.


L'échafaudage avait été enlevé et la façade avait retrouvée toute sa beauté. Les grilles avaient été réinstallées sur le mur de clôture lui aussi rénové.




Rénovation de la toiture du collège Rabelais
Commencés pendant l'été 2009, les travaux avaient été terminés au printemps 2010.

Angle rue de la croix

Ancienne école de filles Angle rue de la croix

Rue Saint Bernard

La toiture est dégagée Enlèvement des anciennes tuiles
Les tuiles sur le toit La nouvelle toiture

Dans la cour

Tuiles prêtes à être posées Toiture terminée

Rue Eugène Jacquot

Les anciennes tuiles L'ancienne charpente
Déblai des vieilles tuiles Arrivée des tuiles neuves
De la grue les tuiles posées directement en rangs sur la charpente Toiture presque terminée





Installation en 2010 d'un panneau d'information près de la porte principale.




Été 2011 Rénovation de la cour

La future cour d'école lors de la construction de l'école de garçons vers 1935

Construction de l'école

La cour vue d'avion vers 1950


La cour avant la rénovation



Après la suppression de certains arbres et un décapage de toute la surface, la cour a retrouvé une nouvelle jeunesse.
En images, chronologie des travaux à compter de début juillet 2011.











































Un nouveau portail a été installé et de nouveaux arbres plantés.




La Société d'Histoire du Sablon a commémoré le 24 novembre 2012, un siècle d'existence de cette école construite pendant la période de l'annexion.
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