Les passementiers

Le 15 juillet 1594 pour éviter les abus, les passementiers s’étaient rassemblés pour élire un maître et six jurés choisis parmi les passementiers. Ces élus étaient chargés d’établir un règlement à faire respecter par sentence de justice.

Tous les passementiers qui voulaient s’établir, étaient tenus de payer 12 livres messines, dont la moitié pour la ville, dont le maître devait rendre compte au changeur de la ville,l’autre moitié pour subvenir aux frais du métier. Tous ceux qui se présentaient pour être reçus maîtres, étaient tenus de savoir proprement travailler toutes les sortes de passements de soie ou d’autres étoffes.

Pour être reçu passementier, ils devaient savoir faire différents passements (tissu fait de fil d’or, de soie, etc…pour orner des vêtements ou décorer des meubles), entre autres le passement dit de pommette et fleur de lys, les passements fait d’or et d’argent et aussi toutes sortes d’ouvrages au crochet.

En cas de mécontentement des clients, les maitres et jurés payés 3 livres pour leur vacation, pouvaient intervenir et condamner la personne en tort à restituer l’argent déboursé selon la valeur de la soie ou de l’étoffe.

Les maîtres et les six pouvaient visiter si nécessaire, les maisons et les métiers des passementiers, juger leur ouvrage et en faire rapport.

Les apprentis étaient tenus de rester trois années entière chez leur maître qui ne pouvait prendre un apprenti pour moins de trois ans. En outre il ne pouvait y avoir plus de deux ou trois apprentis à la fois.

Pour être reçu maître passementier et obtenir la permission de travailler, l’apprenti était tenu de faire son chef d’œuvre en présence du maître et des six jurés, auxquels était offert un banquet pour toute reconnaissance.

Les maîtres et jurés étaient chargés de visiter les maisons tant de la ville que du pays messins, pour découvrir les personnes n’ayant pas fait leur apprentissage et ne connaissant pas parfaitement le métier qui n’aurait donc pas été reçues à l’association des maîtres passementiers. Leurs outils étaient détruits ou brûlés et les passements trouvés étaient vendus par moitié au profit de la ville et de la corporation.

Toute veuve qui avait été mariée à un maître passementier et qui savait bien travailler, pouvait sa vie durant, exercer et faire des passements. En cas de remariage avec un homme qui n’était pas passementier, l’exercice du métier leur en était interdit.

Les enfants de maître n’étaient tenus de contribuer qu’à la moitié des frais pour être reçus passementier après avoir réalisé un chef d’œuvre.

Le 17 septembre 1615 un nouvel atour fait à la tour du métier, avait fixé de nouvelles règles.

Les maîtres passementiers et ouvriers en drap d’or et d’argent, pouvaient faire des passements de soie, de fil, de laine et de coton.

Les tissus employés étaient le velours, le satin, le taffetas, la gaze de soie enrichie d’or et d’argent, le crêpe aussi enrichi d’or et d’argent fin, le crépon, etc… Les passements servaient à faire des tapis, des rideaux et autres tissus d’ameublement.

Le maître pouvait tenir ses enfants nés en loyal mariage, auprès de lui pour leur enseigner le métier sans qu’il tienne lieu d’apprentissage, mais ils étaient toutefois obligés de faire un chef d’œuvre mais sans l’obligation d’offrir un festin.

Nul maître ne pouvait donner du travail à un compagnon étranger, même muni de ses lettres d’apprentissage suivi pendant trois ans, sous peine de 60 sous d’amende applicable par moitié à la ville et aux jurés. Les ouvriers de la ville et du pays demeuraient libres de travailler sans être astreint à cet article.

Nul compagnon ne pouvait s’installer à Metz pour travailler du métier, s’il n’était reçu maître, sous peine de la confiscation de ses ouvrages et de 20 livres d’amende. Il pouvait néanmoins recevoir de la besogne donnée par les maîtres et travailler pour autrui jusqu’à ce qu’il ait la capacité d’être reçu maître.

Nul compagnon ne pouvait laisser une pièce d’ouvrage commencée qu’elle ne soit achevée et parfaite. Il avertissait son maître de son intention, quinze jours avant son départ, sous peine de 60 sous d’amende.

Ne pouvait être mêlé l’or et l’argent faux avec de l’or ou de l’argent fin, que l’or ou l’argent soit filé ou non filé, à peine de 12 livres d’amende. Les jurés qui en trouvaient lors de leur visite, pouvaient le prendre pour être vendu.

Les maîtres passementiers et rubaniers pouvaient teindre toutes les étoffes dont ils se servaient, tant en noir qu’en toutes autres couleurs.

Les autres ouvrages dépendant du métier étaient des cordons à chapeau et bonnets, faits en crêpe, gaze, tissu et ruban, que les maitres pouvaient vendre comme ils l’avaient fait auparavant et le faisaient encore en 1615.

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