Les paveurs

Règlement [1] fait au grand moustier [2] le 25 avril 1414.

Quand les Paraiges [3] ordonnaient de paver une rue ils devaient le faire annoncer par leur sergent huit jours avant les travaux.

Le wairdeLes paveurs étendaient leur corde au travers de la rue d’un mur à l’autre et la partageaient en deux parties égales. Ils enlevaient l’ancien sol et le remplaçaient par du neuf sur du sable renouvelé. Ils ne devaient remettre aucune vieille pierre jusqu’à ce que leur wairde ou warde [4] l’ait vue. Celui-ci devait visiter les ouvrages au moins une fois par jour.

Avant que les paveurs ne s’en servent, deux paraiges visitaient la parière [5] pour voir si les pierres étaient bonnes, dures et n’avaient pas de tendres écailles.

Les paveurs ne pavaient une rue que le long de deux maisons à la fois [6]. Ils ne devaient pas partir de la rue où ils avaient commencé à paver, ni entamer aucune autre rue, tant que la rue commencée n’était pas achevée.

Chaque samedi un des paraiges accompagnait le wairde pour mesurer les toises de pavés mis devant une maison.

Chaque paroisse possédait un fer servant d’échantillon, de la hauteur que devaient avoir les pavés. Lorsqu’ils pavaient une rue de la ville les paveurs devaient remettre tous les pavés en bon état de la hauteur de l’échantillon.

Le paveur qui faisait une faute dans son pavage, par ordonnance de justice payait 20 sols d’amende.

Le wairde devait jurer sous peine d’être privé de son office, qu’il n’avait fait paver qu’avec de bonnes pierres.

Concernant le pavage de sa maison ou de sa cour, chacun pouvait les faire paver par un ouvrier choisi par lui, sans autorisation des paraiges.

Quand les paveurs avaient fini leur ouvrage après qu’ils aient mesuré ce qui avait été fait, celui pour qui ils avaient travaillé devait les payer.

Ordonnance du 19 avril 1782.

A la sortie de l’hiver les pavés de la ville s’étaient trouvés dans un grand désordre. Cela provenait d’une insuffisance de pavés fournis aux paveurs. Il s’était fait auparavant une consommation importante de pierre bleue pour les fortifications, pour les bâtiments civils et militaires. Il était devenu difficile de trouver suffisamment de pierre bleue pour les pavés. Il avait été suppléée à cette pénurie par le remplacement des pavés bleus par de la pierre de roche. Cette pierre était très propre et lisse de couleur gris blanc, lorsque prise sous les lits d’écailles qu’on employait pour les bâtiments. Il n’en manquait pas sur les côtes de Plappeville, Scy et surtout à la côte de Lorry. Il suffisait de déterminer les chartiers à en chercher une plus grande quantité.

Cette pierre était très propre aux pavés mais les paveurs n’en faisaient usage que le moins possible , parce que la toise carrée en pierre de roche donnait moins de pavés que la toise carrée de pierre bleue. D’autre part le prix de la pierre de roche était supérieur à celui de la pierre bleue. Cependant le pavé de pierre de roche n’était pas boueux comme l’était le pavé de pierre bleue.

Suivant l’ordonnance du 13 mai 1763, les paveurs étaient libres d’employer de la pierre de roche ou de la pierre bleue.

Le voiturier qui transportait les pierres fournies par le carrieur [7] n’amenait pas la toise complète avec 5 voitures, une toise remplissant 5 voitures ½.

Les différents pavés :

  • Le pavé neuf en pierre de roche non raboteux, préparé à la carrière en dimension de 5 pouces, était taxé 4 livres 12 sols la toise carrée.
  • Le pavé neuf pour moitié en pierres de roche et l’autre moitié en pierre bleue neuve était taxé 4 livres 3 sols 6 deniers la toise carrée.
  • Le pavé en pierre de roche la moitié neuve, l’autre moitié vieille, dénommé pavé mêlé était taxé 55 sols la toise carrée.
  • Le pavé mêlé la moitié en pierre de roche neuve et en pierre bleue neuve, l’autre moitié en vieille pierre de roche et vieille pierre bleue était taxé 50 sols la toise carrée.
  • Le pavé en totalité de vieille pierre de roche était taxé 43 sols la toise carrée.
  • Le pavé mêlé de vieille pierre de roche et de vieille pierre bleue était taxé 39 sols la toise carrée.


Notes

[1] extrait

[2] cathédrale

[3] dirigeants de la cité

[4] garde ou juré

[5] carrière

[6] dix toises de long

[7] qui découpait les pierres

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