Quelques épidémies dans la région

La scarlatine

  • En mai 1823 dans le village de Béning une épidémie de scarlatine avait touché environ 150 personnes dont 12 étaient décédées.
  • Une épidémie de scarlatine s’était déclarée à Volmerange les Oeutrange, village situé dans un fond au milieu des montagnes, peuplé de 700 à 800 personnes, où les habitations étaient souvent très humides. Plus de 100 enfants avaient été atteints dont 15 étaient décédés en 2 mois. Aucun adolescent de plus de 15 ans n’avait été contaminé. Suivant les conseils donnés par le médecin, les malades avaient été soignés par le maire et le curé du village. Revenant le 8 mars 1824, le médecin avait visité les maisons où il avait trouvé 25 enfants encore gravement malades, dont 4 ou 5 pouvaient décéder.

La rougeole

  • Le 11 décembre 1825 une épidémie de rougeole avec symptômes graves, s’était déclarée à Ancy sur Moselle. En l’espace de 15 jours, 60 malades des deux sexes âgés de 2 à 14 ans, avaient été atteints, ainsi qu’un seul adulte de 23 ans. Huit enfants d’une même famille avaient contacté la rougeole et l’un en était décédé. Trois autres filles et un garçon étaient décédés après 2 jours de maladie.
  • Au mois d’avril et mai 1861, à Metz plusieurs cas de rougeole s’étaient déclarés.

Pourpre : rougeole ou scarlatine ?

  • L’épidémie s’était manifestée dès les premiers jours d’avril 1824 avec un assez grand nombre d’individus atteints sans paraître avoir un caractère contagieux. Elle était considérée comme une affection analogue à la rougeole, mais à l’examen il semblait que c’était plutôt la scarlatine. Elle avait régné à Châtel Saint Germain et dans ses hameaux pendant les mois d’avril et mai sans décès. Ensuite une fille de 13 ans atteinte de fièvre subitement, avec une éruption de couleur foncée, était décédée 40 heures plus tard. Une deuxième fille de 12 ans avec les mêmes symptômes, était également décédée après 2 jours, suivie par le décès de ses 3 sœurs dans les mêmes circonstances. Cette maladie semblait due à une certaine malpropreté et une mauvaise nourriture. Du 1er avril au 9 juin sur une population d’environ 560 individus, il y avait eu 88 malades dont seulement 26 gravement atteints. L’épidémie avait cessé le 21 juin suivant.

Cause de l’épidémie ?

  • Le sieur Mathieu avait déposé un fumier devant son habitation, voisine de la maison commune, provenant de la distillation de marc de raisin et de pommes de terre. Il avait donné en nourriture à 5 bœufs, le résidu des pommes de terres pour les engraisser. Suite à cette consommation leurs déjections avaient une odeur forte et désagréable. De plus Mathieu avait jeté dans la rue les eaux de son alambic. Le maire lui avait donné 24 heures pour enlever le fumier, avec ordre de répandre de l’eau propre dans le ruisseau, pour entraîner celle provenant de son alambic. Il avait aussi été demandé aux voisins d’enlever les boues imprégnées de ces mauvaises eaux pour assainir la rue. L’école avait été obligée de ne plus ouvrir les fenêtres pour aérer la salle de classe. Du 20 mai au 1er juin, 3 enfants du hameau de Cléry et un enfant de la dernière maison dans la partie haute du village étaient morts de pourpre, mais trop éloignés pour qu’on puisse attribuer leur décès au fumier, ledit Mathieu ayant 3 enfants qui n’avaient pas été malades.

Fièvres

  • Le 22 février 1820 à Luttange, une épidémie de fièvre bilieuse avait causé 6 décès d’adultes : 2 hommes et 4 femmes. 10 adultes étaient encore malades : 5 femmes et 5 hommes. Une soixantaine de personnes avait été atteinte. Les symptômes : de la lassitude, des douleurs dans les membres, de la fièvre, une tension dans la région de l’estomac, des maux de tête, une constipation ou une diarrhée. La maladie s’était prolongée jusqu’à 40 ou 42 jours. Cette épidémie avait été attribuée à l’eau d’un nouveau puits devenue bourbeuse dont ils avaient continué d’user. L’eau était ensuite redevenue limpide et salubre.
  • A Flastroff au début du mois de janvier 1823, il y avait 11 malades avec signe de fièvre adéno-méningée et gastro-entérite, la plupart des femmes âgées de 10 à 15 ans. Tous ces malades après 15 à 20 jours ne présentaient plus que des symptômes de faiblesse. Du 10 au 21 janvier l’épidémie avait repris pour cesser totalement vers la mi-février. Sur 22 malades, une seule femme était décédée. En septembre et octobre la température avait toujours été froide et humide puis au mois de décembre une température froide et sèche, le vent venait presque toujours du nord nord-est jusque vers mi janvier où le vent avait tourné à l’ouest et la neige était arrivée. Le village était composé de 50 à 60 maisons, situé entre 2 collines et sur la pente de l’une d’elle. Une seule rue assez large mais traversée par l’eau de la fontaine, qui venant du haut du village coulait au milieu des poussières que les habitants déposaient devant la porte de leur maison et qui s’étendaient jusqu’au milieu de la route. L’insalubrité du village était entretenue par les tas de fumier qui empêchaient le libre passage des eaux.Les maisons étaient en général basses, étroites et composées uniquement du poële, une pièce du milieu toujours humide, peu éclairée et tenue fort malproprement. Le poële, petite chambre, où se tenaient toujours les habitants n’était éclairé que par une petite fenêtre jamais ouverte, ne permettant pas à l’air de se renouveler, et fortement chauffé à la houille donnant un air chaud et humide.Les habitants étaient presque tous tisserands, il y avait peu de cultivateurs et beaucoup de pauvres bûcherons. Ils ne vivaient que de mauvais pain de seigle, de pommes de terre cuites à l’eau, très rarement de viande fraîche. Il n’y avait que les riches en très petit nombre qui vivaient de lard et de meilleurs légumes. Les villages voisins n’avaient pas été infectés.
  • Le 25 juin 1823 une épidémie de fièvre muqueuse de cause inconnue, avait atteint 29 personnes de tous âges à Villers l’Orme, mais aussi 4 personnes à Vany. Une complication existait chez presque tous les malades, 3 avaient déjà succombé (1 femme enceinte de 28 ans, 1 fille de 20 ans et 1 enfant de 5 ans), 9 autres étaient en danger et avaient peu d’espoir de guérison (3 jeunes gens de 13 à 22 ans, 4 enfants de 3 à 12 ans, 2 femmes dont l’une enceinte).

Syphilis

  • Le 26 juin 1822, huit filles de Saint Avold atteintes de syphilis et sans ressources, avaient été envoyées à la maison de correction de Metz.
  • Trois filles disant venir de Longwy et Longuyon, avaient été arrêtées à Verdun le 24 décembre 1823, sans passeport, se livrant au libertinage, et surtout atteintes de maladies syphilitiques. Elles avaient été reconduites à leur domicile par la gendarmerie.

La rage

  • Le 7 septembre 1823 le maire de Metz avait pris par précaution, un arrêté contre les accidents que pourraient provoquer les chiens. Cet arrêté ordonnait que tous les chiens soient enfermés pendant 15 nuits. Ceux trouvés sur les places, dans les rues et sur les promenades de 9 heures du soir à 5 heures du matin seraient assommés par les préposés du maître des basses œuvres (bourreau).
  • Selon un rapport du 26 décembre 1824 à Thionville, il existait en ville des chiens atteints de la rage. Le maire avait pris un arrêté pour que tous les chiens restent enfermés. Ceux qui seraient trouvés dans les rues seraient tués sur le champ et les propriétaires traduits devant le tribunal de police. Le 19 décembre un officier de hussard se promenant avec son chien, s’était aperçu qu’il cherchait à mordre les hommes et les animaux. Son chien s’étant engagé dans la ville, il avait couru, armé de son sabre pour le rattraper. Retrouvé le chien avait été tué sur le champ, l’officier étant persuadé qu’il était enragé puisque ayant été mordu auparavant par une levrette. Plusieurs habitants s’étaient aperçus qu’il avait mordu deux chiens dans la rue brûlée. Le premier chien avait été abattu le lendemain, le second seulement le 15 janvier lorsque son maître avait eu connaissance du risque. Ce chien auparavant aboyeur, était devenu silencieux et triste, avec les yeux rouges et le regard farouche, hurlant cependant souvent vers les 5 heures du soir. S’étant enfui de la maison il n’avait été retrouvé que le lendemain tout couvert de boue et de sang, entre les portes de la route de Luxembourg. Conduit à l’école gratuite de garçons, couché sur l’estrade il avait mordu deux enfants, l’un à la main gauche, l’autre à la cuisse. Un troisième avait été mordu à la joue en s’approchant du chien réfugié sur les remparts. Rendu à son maître le 14 janvier, le chien marchait la tête basse et la queue entre les jambes. Il avait été attaché les yeux larmoyants, les mâchoires serrées, avalant avec peine. Le chien mangeait de la viande, du pain, buvait de lait mais refusait l’eau. Les personnes qui le nourrissaient, en introduisant des aliments dans sa gueule, avaient eu les doigts morsurés. Dans la nuit du 14 au 15 le chien ne faisait que s’agiter et hurler. Le matin sorti en laisse il s’était battu avec plusieurs chiens. Rentré dans sa niche il en rongeait les barreaux. Il avait été décidé de le tuer après avoir appris que 28 jours auparavant il avait été mordu par un chien présumé enragé. D’après le rapport du médecin qui avait vu les trois enfants mordus, les morsures paraissaient superficielles sauf une plus profonde. Cette plaie avait été ouverte, saignée et lavée avec une dissolution de trois grains de potasse pour une livre d’eau. Le lendemain la plaie avait été désinfectée avec un linge imprégné de muriate d’ammoniaque ou d’antimoine et recouverte d’un vésicatoire. L’escarre tombée il fut continué de panser la plaie, pendant 40 jours avec un digestif. Les deux autres enfants avaient été soignés avec bains et frictions mercuriales. Traitement également prescrit à ceux qui avaient nourris le chien. Les trois enfants avaient été conduits à l’hospice civil.
  • Le vétérinaire du régiment de hussards de Thionville avait donné le 21 février 1825, des soins à un chien épagneul appartenant au chef d’escadron. Il lui avait trouvé les symptômes suivants : le chien frissonnait beaucoup, était triste, abattu, éprouvait beaucoup de difficultés à respirer, sa gueule était toujours ouverte vu la grande inflammation à l’arrière de la gueule, il mangeait peu mais buvait beaucoup de lait.. Au bout de 6 jours il était crevé. A l’ouverture, sa bouche était très enflammée, la langue de couleur noire, la membrane muqueuse de l’œsophage très rouge, ainsi que celle de l’estomac et des intestins. Il y avait plusieurs taches de gangrène, le sang veineux était coagulé et très noir. D’après ces lésions le vétérinaire pouvait assurer que le chien était crevé de gastro-enterite d’où inflammation de l’estomac et des intestins qui s’est terminée en gangrène.
  • Le docteur Lelong médecin des épidémies s’était rendu à Roussy le 28 février 1825 où il avait visité les neuf individus qui avaient été mordus par un chien présumé hydrophobe « enragé ». Il avait cautérisé les plaies des trois premiers et appliqué un large vésicatoire à la jambe du nommé Pochon où se trouvait une ecchymose considérable. Le brigadier de gendarmerie avait été chargé pendant quelques jours de cette cautérisation en promenant sur leurs plaies un pinceau imprégné d’ammoniaque. Pour les six autres dont cinq travaillant pour le sieur Mangin, aubergiste et propriétaire du chien, il n’y avait pas de traitement, aucune marque ni effusion de sang ne s’étant manifestées.
  • Vers 5 heures du soir le 27 mai 1828, Nicolas Barthélemy était occupé à clore une pièce de terre située au-delà du pont à Moulins les Metz, le long de la route d’Ars. Un chien s’était jeté sur lui et l’avait mordu au bras. On ne savait pas si l’animal était atteint de l’entrophobie. Le lendemain un chien appartenant à un cloutier de Moulins, avait mordu d’autres chiens et un chat. Le maire avait ordonné que tous les chiens soient enfermés et que le cloutier détruise son chien immédiatement puisqu’il avait tous les signes de la rage.

Le typhus

  • La maladie connue sous le nom de typhus ou fièvre des hôpitaux ou encore fièvre des prisons avait fait des ravages considérables au mois de décembre 1813, janvier, février et mars 1814. Toutes les mesures prises n’avaient pu ni prévenir, ni arrêter la progression de la maladie, ni pouvoir sauver le plus grand nombre de ceux qui étaient atteints. La cause en était simple : la multitude considérable de malades de la grande armée avait incendié subitement le département. Les secours n’avaient pas été administrés à temps, de là l’effrayante mortalité qui avait eu lieu. Les troupes se trouvaient dans les places fortes, occupaient toutes les communes sur les rives de la Moselle, de la Sarre et de l’Orne. En mai à l’approche des grandes chaleurs, le nombre considérable de cadavres enterrés dans le département pouvait faire craindre que le typhus ne se manifeste de nouveau. Les ravages du typhus avaient cessé, mais si la saison des chaleurs devait faire réapparaître cette maladie, le nombre de militaires n’étant plus aussi considérable, tous les bâtiments publics ne seraient plus transformés en hôpitaux, les médecins militaires n’ayant plus besoin de l’aide des médecins civils.

Le choléra

  • L’année 1832, lors de l’épidémie de choléra à Metz, la première victime avait été un pêcheur habitant rue de l’arsenal et qui était décédé le 30 avril 1832 à Bonsecours. Il avait été dénombré 2.200 à 2.300 cas, dont 802 décès entre avril et septembre : 337 hommes et 465 femmes. Le mois de juillet suivant avait fait encore plus de victimes : 517 décès entre le 15 juin et le 15 juillet.
  • Un cas de choléra s’était déclaré le 1er septembre 1842 à la prison. Agé de 35 ans et père de famille, condamné pour un léger délit, cet homme avait ressenti un malaise subit reconnu comme une affection cholérique grave et sa fin paraissait proche. Puis une heureuse réaction avait eu lieu et il s’était trouvé hors de danger.
  • Le 4 juin 1849 le premier cas de choléra asiatique découvert à Thionville, s’était propagé le 17 juin suivant à Metz et dans 45 communes de l’arrondissement de Metz, ainsi que dans 37 communes de la région thionvilloise. L’épidémie avait duré 6 mois de juin à décembre. Sur 1.646 malades, 574 étaient décédés. A Metz les eaux de la Seille au milieu du quartier le plus populeux, recevaient les égouts et les résidus des industries qui la bordaient, ainsi que les eaux ménagères jetées par les riverains, ce qui constituait un véritable foyer d’infection. Le lavage des rues était insuffisant et dans ces rues trop étroites les rez-de-chaussée ne recevaient ni lumière ni chaleur. Les maisons des pauvres mal construites n’étaient pas entretenues et en état de malpropreté. Malgré tout Metz n’avait perdu dans l’épidémie que 59 personnes pour une population de 39.767 habitants et une garnison de 70.000 hommes.
  • Un début du choléra du 18 décembre 1853 jusqu’au 28 février 1854 avait fait 28 victimes. Une reprise de l’épidémie le 14 juillet suivant qui avait durée jusqu’au 11 novembre 1854 avait provoqué 156 décès (108 hommes, 76 femmes en tout).
  • En août et septembre 1861 à Metz, le choléra avait fait un grand nombre de victimes parmi les enfants.

La variole ou petite vérole

1 - Les symptômes

Lors de l’incubation il y avait de l’apathie, de la lassitude, du dégoût, des pesanteurs de tête. Un bain tiède prolongé et répété était prescrit pour assouplir la peau. Des infusions de sureau, camomille étaient données au malade. On pouvait aussi essayer la vaccine. La variole était ensuite annoncée par la douleur, l’anxiété, l’excitation, l’irritation du cœur, de l’encéphale et de l’estomac. Le malade était mis à la diète et devait s’aliter en maintenant de la chaleur surtout aux extrémités. Il ne fallait mettre ni glace, ni linge froid à la tête. Les frictions éventuellement vinaigrées surtout aux membres, pouvaient amener l’éruption à la peau et décharger les viscères atteints. Si l’éruption se faisait attendre il fallait administrer de l’ammoniaque liquide, du carbonate ou de l’hydrochlorate d’ammoniaque qui sollicitait la sueur où même le souffre dont l’action sur la peau était bien connue.

2 - Période d’éruption

Elle arrivait sur toutes les surfaces de peau qui étaient en contact avec l’air extérieur. Elle était importante au visage. Il pouvait y avoir des boutons à la face, aux membres mais pas du tout au tronc. Un soin particulier devait être apporté à la température de l’appartement. Il fallait faire tous les matins, avec une éponge douce ou une plume, sur toute l’étendue de la peau une friction d’huile d’olive ou d’amandes douces récente et très pure.

3 - Période de suppuration

La fièvre pouvait continuer. Le visage gonflé devenait monstrueux, avec occlusion des paupières, bouche béante, gonflement de la langue, salivation, dyspnée. Il y avait une suppuration étendue de la peau. Il fallait maintenir la diète, faire boire des infusions de bouillon blanc, tilleul, fleurs de guimauve, et suivant les cas du sirop de mou de veau, du sirop de coquelicots, du sirop de pavots à petites doses. Quelquefois le sulfate de morphine pouvait favoriser le repos. On pouvait ouvrir les pustules pour les vider ou ramollir la peau par des cataplasmes, s’il n’y avait pas un trop grand nombre de boutons. La température de la pièce devait être modérée, sans trop de chaleur qui rendait la respiration difficile.

4 - Période de dessiccation

La contagion devenait très importante. Les mouches qui irritaient le malade devaient être chassées. La température était surveillée avec soin pour éviter tout refroidissement. Les croûtes recueillies devaient être plongées avec le linge dans des baquets d’eau chlorée. Le malade prenait des infusions de camomille, de lierre, du sirop de violettes et parfois du sirop de chicorée pour aider l’action intestinale. Quand la faim commençait à revenir, le malade pouvait manger quelques aliments légers, tels que pruneaux, pommes ou poires cuites, gelée de fruits, potage très clair et maigre ou au lait. Pendant toute la durée de l’affection il fallait apporter un soin particulier aux excrétions et les neutraliser avec de l’eau chlorée pour être ensuite jetées en un lieu perdu. Pendant toute la durée de la maladie il fallait modérer l’intensité de la lumière solaire et éviter la lumière artificielle, le bruit les conversations, les émotions et toute fatigue au malade. Lorsque le malade pouvait enfin quitter son lit, bien enveloppé pour passer dans la pièce voisine on en profitait pour faire son lit.

5 - Convalescence

Tous signes de maladie disparue le malade restait faible, ayant besoin des plus grands soins. Il devait rester dans une pièce tempérée, chaudement vêtu, continuer les onctions et boire des infusions de camomille, puis augmenter ses aliments peu à peu. Il ne devait sortir que lorsque ses forces étaient revenues et après la chute des croûtes. Il lui fallait prendre 2 ou 3 bains d’eau tiède à un jour d’intervalle pour nettoyer complètement la peau. Il fallait aussi que tous ses vêtements aient été nettoyés, les linges de corps et de lit purifiés et lessivés.

6 -Complications

La mort était la terminaison la plus fréquente des varioles compliquées de pétéchies ou de gangrène. Après le décès dû à la variole, les plus grandes précautions étaient à prendre, tous les effets du malade et toute sa literie devaient être détruits.

La vaccine

  • C’est un médecin anglais Edouard Jenner né le 17 mai 1749 qui avait découvert la vaccine. Dès 1776 il avait appris que dans son pays, ceux qui avaient contracté le cow-pox étaient préservés de la petite vérole. Frappé par la singularité de la maladie du pis des vaches, il avait compris que la petite vérole ne produisait aucun effet sur ceux qui avaient contracté la maladie en trayant les vaches. Malgré le mauvais vouloir de ses confrères il continuait ses expériences et au mois de juin 1798 il avait publié sa découverte. Un mois plus tard monsieur Cline, chirurgien de Londres, avait inoculé à un enfant du virus-vaccin de Jenner. Ce fut l’introduction de la vaccine dans la métropole. Cinq ans après sa découverte, en juin 1803, Jenner avait fondé à Londres un établissement au nom de société royale Jennerienne pour l’extermination de la petite vérole. Les recherches avaient permis d’apprendre que le cow-pox était connu depuis très longtemps dans plusieurs comtés d’Angleterre et que sa propriété de préserver de la petite vérole était connue dans le peuple, surtout par les laitiers et les gens travaillant dans les étables. (40 ans avant la découverte de Jenner). Un domestique du docteur Haygarth l’avait appris à son maître qui se rendait à Oxford où régnait la petite vérole.Jenner racontait lui-même que du temps de Charles II (1660) une duchesse de Cleveland avait déclaré ne pas craindre la petite vérole parce qu’il y avait dans son pays une maladie qui en protégeait. Il semblait que le cow-pox était connu en Irlande depuis 500 ans sous le nom de Shirmangh. Personne avant Jenner n’avait rendu public la propriété de l’inoculation de cox-pox. Ce n’est qu’après 22 ans d’expériences faites à Berkeley que Jenner se décida à rendre à l’humanité ce service qui immortalisa son nom. Dès 1800 la vaccine avait été introduite en France grâce aux efforts de Thouret et du duc de Laroche Foucauld – Liancourt. Peu d’années après l’Europe entière, l’Asie, l’Amérique et l’Afrique jouissaient du bienfait de cette découverte. Jenner était décédé en 1823. (Journal de Morlanne)
  • Premiers cas connus de petite vérole dans la région en 1489. Le sixième des enfants avait été atteint et un grand nombre en était décédé. Beaucoup d’adultes aussi avaient été atteints, faisant beaucoup de victimes et laissant d’autres horriblement défigurés. Cette maladie était connue sous le nom Properieulle dénomination restée dans le patois du pays.
  • Le 15 novembre1808, pour apprendre à vacciner et à saigner, la sage femme de Corny avait été envoyée prendre des cours avec monsieur Morlanne
  • La petite vérole était considérée comme éteinte à Metz où il n’y avait eu aucun cas en 1818. Cependant une épidémie était apparue au printemps et avait duré jusqu’à la fin novembre 1819. Le premier cas avait été celui d’une fille de la campagne en service à Metz. Le maire avait publié un avis exhortant les parents à faire vacciner leurs enfants. Un grand nombre de vaccination avait eu lieu mais les chaleurs de l’été avaient propagé de plus en plus la maladie. Il y avait eu 1628 personnes vaccinées. Sur 460 cas de petite vérole, 162 individus avaient été défigurés et 75 en étaient morts.
  • Arrêté du maire de Metz du 11 octobre 1819 et précautions à prendre contre la petite vérole. C’était une maladie contagieuse assimilée à la peste. Le seul remède efficace depuis plus de 30 ans était la vaccination. La petite vérole qu’on croyait éteinte à Metz était réapparue, un grand nombre d’enfant en était atteint, beaucoup en étaient décédés, d’autres avaient perdu la vue ou étaient restés défigurés. Pour prévenir la contagion il fallait purifier l’air des maisons en faisant des fumigations. Toutes personnes atteintes de pustules ou boutons desséchés ne pouvaient circuler dans l’intérieur de la ville. Le corps d’un décédé de la petite vérole était transporté directement au cimetière sans passer par l’église. La bière ne pouvait être couverte qu’en toile, sans qu’elle puisse l‘être avec des étoffes de laine ou de coton. Aucun enfant ne pouvait suivre le convoi même s’il était vacciné.
  • Des cours pratiques de vaccine avaient été créés du 8 au 9 mai 1820, à l’hospice de la maternité, rue de la bibliothèque, ainsi que dans la maison de monsieur Morlanne, rue Mazelle. La vaccination y était gratuite.
  • Par arrêté du préfet de la Moselle du 6 décembre 1820, modification de l’arrêté du 10 octobre 1818 concernant la vaccination.La petite vérole ayant réapparu dans plusieurs communes, le département avait été divisé en arrondissement où un vaccinateur avait été nommé, choisi parmi les médecins, qui se rendrait deux fois par an dans les communes.
  • En 1831, réapparition de 106 cas de petite vérole dont 36 décès.
  • En juillet 1861 quelques cas de variole à l’hôpital militaire de Metz.
  • Une épidémie de variole au début de l’année 1864, avait duré toute l’année. Débutée à l’hôpital militaire, puis à l’hôpital Bonsecours, elle avait envahi la rue du Pontiffroy et ensuite toute la ville. On avait dénombré 447 cas (236 hommes, 113 femmes, 98 enfants) et 35 décès (13 hommes, 9 femmes, 13 enfants).

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