Charité du Bouillon des pauvres malades

Emplacement de la Charité du bouillonEn 1653 quatre filles de la Charité envoyées par Saint Vincent de Paul s’étaient installées dans la maison dite du Bouillon, avec grange derrière l’église Sainte Croix, en haut de la Jurue. Fondée par la Reine Anne d’Autriche par l’entremise de Bossuet, cet établissement présidé par l’Evêque était destiné à donner des soins à domicile aux malades pauvres. Les dames de la charité étaient chargées de trouver de l’argent pour le soin des pauvres à domicile et la distribution de soupe aux nécessiteux. La Charité avait commencé à fonctionner vers 1658. En 1662 cette maison était desservie par huit sœurs pour procurer aux pauvres malades les aliments et les remèdes dont ils avaient besoin. Il n’y avait pas de chapelle et elle dépendait de la paroisse Sainte Croix. Les soeurs quêtaient aux offices de la cathédrale et de quêtes générales étaient faites à domicile à Noël et à Pâques. Elles distribuaient du bouillon, des remèdes et des aliments aux malades pauvres ainsi que du lait aux enfants.

Vers 1750 des réparations de plancher avaient été faites dans les écuries et une chaudière de fer avait été achetée pour servir de marmite pour les pauvres malades.

En août 1760 les administrateurs de l’hôpital avaient eu l’autorisation de tirer dans les fontaines publiques deux lignes d’eau pour l’établissement d’une fontaine dans l’intérieur de l’hôpital. Il avait été nécessaire de faire abattre le mur de face dans la rue de la Charité qui en raison de sa vétusté était incapable de supporter les travaux nécessaires. Le mur avait dû être reconstruit en ligne droite depuis l’angle du bâtiment sur la cour de l’hôpital, près de l’endroit où se distribuait le bouillon.

En 1787 les recettes provenaient toujours de quêtes faites dans les églises de Metz. Les dépenses consistaient en achat de viande, de pain, de sel, d’huile et de drogues. De plus une fourniture de lait et farine avait été faite à Bon Secours pour 25 pauvres enfants à la mamelle. Achat également de deux tables de bois pour couper la viande.

Neuf sœurs de la Charité et une sœur supérieure étaient présentes.

Les bouillons avaient été dotés du droit d’asile par la fondatrice en faveur des soldats déserteurs qui pouvaient y rester trois jours à l’abri de la justice jusqu’en 1789.

Jusqu’à cette date le service médical avait été fait par les médecins de la ville et le médecin des pauvres. Le 15 décembre 1789 les médecins stipendiés avaient été supprimés et remplacés par trois médecins et trois chirurgiens chargés de la visite des pauvres et rétribués par la ville.

La maison du Bouillon avait été donnée en 1791 à la commission des hospices et le bureau municipal avait été chargé de sa gestion. En juillet 1791 les sœurs avaient quittées l’établissement et avaient été remplacées par sept femmes laïques salariées. Quatre sœurs étaient allées à l’hôpital Saint Georges.

En 1794 la maison du Bouillon nourrissait 400 personnes avec du bouillon, de la viande, des remèdes, du linge aux malades, de la farine et du lait aux femmes en couches. Une directrice avait remplacé les soeurs. Un inventaire avait été fait. Il comptabilisait quelques lits et linge de lit, des ustensiles et du linge de cuisine, quelques meubles. Le bâtiment donnant sur le cimetière Sainte Croix, comportait une cuisine, un réfectoire, quatre pièces, une buanderie, une boulangerie, un dortoir et deux chambres, une infirmerie, cave, grenier et une grange. A noter une belle pharmacie avec plus de 400 bocaux. Avant leur départ les huit sœurs logeaient dans le dortoir au dessus de la pharmacie.

En 1795 les hôpitaux manquaient de pain, de viande, de linge, de bois. Les effets hors service des magasins militaires avaient été remis à Saint Nicolas. Il avait fallu refuser tout secours à domicile aux malades du Bouillon.

Il avait été décidé qu’à partir du 1 germinal an 7 (21/3/1799) par mesure d’économie la distribution des remèdes et des secours à domicile qui avait lieu jusqu’ici à la maison de la charité du bouillon se ferait non plus dans cette maison mais à l’hôpital Saint Nicolas. Pour la même raison d’économie on avait supprimé les trois préposés et la fille de service. Cependant la directrice et les préposés avaient été remerciés des soins qu’elles avaient donnés aux pauvres et du zèle qu’elles avaient mis à remplir jusqu’à ce jour ces fonctions charitables. En conséquence elles avaient continuées d’habiter la maison jusqu’au premier messidor suivant et le receveur économe avait été autorisé à leur payer tout ce qui pouvait leur être dû pour leurs appointements jusqu’au premier prairial suivant, bien que leur fonction ait cessé au premier germinal.

Suite à l’inventaire, l’administration avait réparti tout ce qui s’y trouvait en trois parties dont la première avait été de suite transporté à l’hospice Saint Nicolas, la seconde abandonnée aux hospices aux prix de l’estimation qui en avait été faite et la troisième vendue à l’enchère.

La totalité de la maison de la charité du Bouillon et ses dépendances avaient été louée pour 3 ans à commencer au premier messidor par adjudication au plus offrant.

En avril 1802 un bureau de bienfaisance avait été créé dans la maison des Récollets. Dispersées pendant la révolution les filles de la charité étaient revenues et avaient été chargées du bureau de bienfaisance.

En 1819 création d’une école à la place de la Charité. L’église Sainte Croix qui se trouvait derrière la fontaine de la place du même nom avait été démolie en 1816. Son entrée s’était située dans la rue Taison, et l’ancien cimetière était devenu la cour de l’école.

En 1840 le bâtiment du Bouillon avait été démoli et la rue de la charité qui faisait un crochet vers Sainte Croix avait été rectifiée et dirigée vers la rue Taison pour passer au plus près du bâtiment des écoles.

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