la période révolutionnaire

voilà un résumé temporaire sur la Révolution en lorraine, sur lequel je compte retravailler. Je vous le donne quand même :

La Révolution en Lorraine Germanique

La Lorraine Germanique, quoi que se sentent peu concernée par la Révolution française a pourtant occupée un rôle central dont elle a souvent eu à faire les frais, subissant la politique d’assimilation dans la « République française Une et Indivisible ». Ce fût aussi un temps de division entre la Lorraine romane, plutôt révolutionnaire, et la Lorraine germanique, plutôt royaliste et partisane des Nobles émigrés, ainsi que des Prussiens et Autrichiens qui les aidaient.

Les Etats-Généraux :

On fait traditionnellement débuter la révolution avec la convocation des Etats-Généraux, qui s’accompagnent de la rédaction de cahiers de doléance. En Lorraine, ceux-ci évoquent les questions linguistiques : le cahier de doléance de Forbach dit : "il conviendrait que le juge ou la partie civile sachent cette langue (l'allemand) pour entendre la plainte des sujets". La Lorraine réclame également, en vertu de son antique indépendance, la création d’une assemblée provinciale (comprendre « régionale »).

Effacement de la Lorraine et division en départements :

Ces idées sont pourtant peu prises en compte par les Etats Généraux, autoproclamés « Assemblée Nationale Constituante ».

- Le 26 février 1790, les provinces ayant été supprimées, et la Lorraine ayant perdu toute existence légale (situation qui perdurera jusqu’à la loi sur la décentralisation de François Mitterrand) et après qu’ait été récusée l’idée de diviser la France en carrés, on crée les départements. Ceux de Lorraine sont pourtant crées selon cette idée, 4 carrés : la Meuse à l’Ouest, la Moselle, qui n’a rien à voir avec celle d’aujourd’hui, au Nord, la Meurthe au centre, les Vosges au sud. Les germanophones sont divisés, probablement volontairement, entre trois départements.

La constitution civile du clergé :

Le 12 juillet 1790, les députés qui ont besoin d’argent et ont saisit les biens de l’Eglise votent la constitution civile du clergé : les prêtres doivent prêter serment de fidélité à la nation française… En Lorraine, 70% du Clergé est réfractaire. Pour éviter les persécutions, il est obligé de fuir, ainsi que 4000 mosellans (l’équivalent, pour l’époque, d’une ville comme Thionville).

La guerre :

L’armée française est, à ce moment, globalement paralysée et peu de troupes sont loyales au roi de France, mis à part la garnison française de Montmédy, commandée par Bouillé, royaliste qui a réprimé dans le sang des émeutes nancéennes. C’est avec lui que prend contact Louis XVI lorsqu’il tente de fuir vers le Luxembourg, mais il est arrêté à Varennes le 21 juin 1791. Bientôt, on décide de la guerre. Les 4000 mosellans qui sont partis pour les Pays-Bas autrichiens et pour Trêves participent, aux côtés des troupes prussiennes, autrichiennes et émigrées à la guerre contre la révolution, dont le fameux siège de Thionville (août-octobre), qui échoue devant la défense opposée par Merlin de Thionville, surnommé « Feuerteufel ». Mais tous sont défaits à Valmy le 10 Septembre 1792.

Fédéralisme ou jacobinisme ?

Les girondins, qui ont gagné les élections à la Convention, sont porteur d’un projet fédéraliste, et l’un d’entre eux dit même que « Paris ne doit pas être plus que le 1/80° de la France » et un autre (Isnard) que si les parisiens en armes continuent leur pression sur les députés « Paris serait anéanti, bientôt on chercherait sur les rives de la Seine si Paris a bien existé », mais, les Jacobins (Robespierre, Marat, …), pourtant minoritaires, s’appuient sur la « Commune Insurrectionnelle de Paris » et font tirer au canon sur les Girondins. C’est le début de la Guerre civile fédéraliste et de la Terreur.

La Terreur en Lorraine :

La Lorraine est dans le peloton de tête des régions victimes de la Terreur, derrière la Vendée, et au même niveau que l’Alsace. On tue beaucoup de Lorrains que l’on accuse de trahir et de collaborer avec l’ennemi, car il est fréquent, en Lorraine germanique comme en Alsace, que les villageois hébergent les soldats prussiens en campagne. Dans un but de francisation, et comme à l’époque de Louis XIII, les jacobins envisagent la déportation dans le but de franciser la Lorraine germanique.

La Terreur politique se double de ce qu’on appelle la Terreur linguistique :

21.09.1793 :

Les écoles primaires sont crées pour la propagation de la langue française.

Parmi les Jacobins, et représentant typique de leurs idées, Barère, surnommé « l’Anacréon de la guillotine » et que certains considèrent comme plus terroriste que Robespierre s’attaque aux langues régionales :

27.01.1794 :

rapport Barère à la Convention au nom du Comité de Salut Public :

« Le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton ; l'émigration et la haine de la République parlent allemand ; la contre-révolution parle italien et le fanatisme parle basque. Brisons ces instruments de dommage et d'erreur. ... Chez un peuple libre la langue doit être une et la même pour tous »

décret décidant la nomination dans les 10 jours d'un instituteur francophone dans toutes les communes où l'on parlait bas-breton, italien, basque ou allemand (ce qui comprend le Platt ou l’Alsacien) (le 18 février un nouveau décret étend la mesure au catalan).

04.06.1794 :

Grégoire prononce à la Convention nationale son « rapport sur la nécessité et les moyens d'anéantir les patois et d'universaliser l'usage de la langue française » qu'il avait présenté au Comité d'instruction publique le 28 mai (9 prairial) : « On peut assurer sans exagération qu'au moins six millions de Français, surtout dans les campagnes, ignorent la langue nationale ; qu'un nombre égal est à peu près incapable de soutenir une conversation suivie ; qu'en dernier résultat, le nombre de ceux qui la parlent n'excède pas trois millions, et probablement le nombre de ceux qui l'écrivent correctement encore moindre. »

20.07.1794 :

Décret de la Convention nationale imposant l'emploi du français dans la rédaction de tout acte public (Merlin de Douai) :

Art. 1. À compter du jour de la publication de la présente loi, nul acte public ne pourra, dans quelque partie que ce soit du territoire de la République, être écrit qu'en langue française.

Art. 2. Après le mois qui suivra la publication de la présente loi, il ne pourra être enregistré aucun acte, même sous seing privé, s'il n'est écrit en langue française.

Art. 3. Tout fonctionnaire ou officier public, tout agent du Gouvernement qui, à dater du jour de la publication de la présente loi, dressera, écrira ou souscrira, dans l'exercice de ses fonctions, des procès-verbaux, jugements, contrats ou autres actes généralement quelconques conçus en idiomes ou langues autres que la française, sera traduit devant le tribunal de police correctionnelle de sa résidence, condamné à six mois d'emprisonnement, et destitué.

Art. 4. La même peine aura lieu contre tout receveur du droit d'enregistrement qui, après le mois de la publication de la présente loi, enregistrera des actes, même sous seing privé, écrits en idiomes ou langues autres que le français. »

Par manque de francophones et grâce aux résistances locales, ce décret sera suspendu le 16 fructidor.

Thermidor et la fin de la révolution :

L'exécution de Marie Antoinette von Habsburg-Lothringen (de Habsbourg-Lorraine), qui est, ce me semble, la fille du dernier Duc de Lorraine, François III, (si on excepte Stanislas Ier) alias l'empereur François I. Si elle était haïe par les Parisiens et surnommée "l'Autrichienne", il semble qu'elle aie eu un forte popularité en Lorraine.

Si la période de Thermidor a vu le retour de certains des girondins et a reçu un accueil plus favorable en Lorraine, le Directoire a vite déçu et a malgré tout amplifié la politique de centralisation autoritaire et les persécutions contre le Clergé n’ont pas forcément diminué.

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