La météo et les récoltes

Année 1706
L’année fut abondante en toutes choses, en vin surtout dont il y a eu une abondance excessive en comparaison de plus de 30 années comparées.

Année 1707
La présente année a été assez favorable, exceptée la moisson qui n’a pu entièrement se faire à cause des pluies continuelles qui empêchèrent de faire la récolte entière, ce qui fit germer sur terre beaucoup de blé et de grains pour le vin. Il y en a eu en effet assez abondamment, mais les mêmes pluies nuisirent à la vigne, ce qui produisit du vin de couleur pale et de peu de garde.

Année 1708
Cette année a été assez passable excepté le vin dont on a fait une fort petite récolte et dont la qualité a été fort chétive tant la couleur qu’en goût.

Année 1709
L’année que nous venons de finir peut à juste titre être appelée « année de fer ». Elle commence par le plus cruel hiver qu’aucun homme vivant eut jamais eu. Ce froid excessif a moissonné le froment et vendangé les raisins dans presque toutes les provinces de l’Europe. Elle a fait mourir plus de la moitié des arbres fruitiers, menacé de famine une partie de l’Europe et plusieurs de ses contrées ont été affligées de la peste. Plusieurs vols se sont faits et même la bonne foi, la charité ne se sont trouvés, quelques aient été les personnes ne trouvant avec tout cela pour passer l’épreuve ni parents ni amis.

Année 1710
Cette année a eu le commencement aussi rigoureux que la fin de l’autre avait été. La guerre impitoyable et une affreuse stérilité ont réduit une partie de l’Europe dans une nécessité extrême. Le commun du peuple se voyait obligé de cuire du pain d’orge et d’avoine. Une moisson assez bonne et une vendange fort médiocre que nous a données cette année a fait respirer les plus malheureux et relevé un peu leur espérance. L’été on vit naître une si grande quantité de souris qui se multipliaient si prodigieusement en automne, que la postérité aura peine d’ajouter foi aux mémoires de notre temps qui en rapporteront la vérité. Le laboureur tremblait avec raison de voir ses champs moissonnés par ces insectes. Plus de 60 villages et des environs ont perdu leur froment. Cet animal affamé en hiver, après avoir mangé tous les blés en herbe, ont rongé et gâté les taillis et racines dans quelques cantons.

Année 1711
La présente année a été assez abondante en vin, petite en bien des endroits à cause des pluies d’août qui ont aussi fait germer une bonne partie des grains.

Année 1712
Cette année a été l’une des plus abondante, n’a pas donné une récolte si favorable car la guerre continue dans toute sa rigueur.

Année 1734
Le 8 juillet a commencé vers 5 heures du soir une inondation qui a durée jusqu’au 10 sans diminution de sorte que l’eau a couvert toute la campagne à telle hauteur, que l’on y allait partout en nacelle même dans les granges et qu’il n’y a que le château et la maison curiale et ses écuries qui n’ont pas été inondés. Le débordement a commencé à diminuer le 10 vers 4 heures et a continué jusqu’au 12 et 13 avant que nos campagnes fussent découvertes. J’ai fait marquer d’un pilier à côté de l’entrée du choeur de notre église, la hauteur de l’eau qui y a été et j’ai remarqué néanmoins que l’an 1641 elle avait été encore plus haute de 16 pouces, par une marque qui est dans la tour proche les fonds.

Année 1739
Cette année a été assez fertile en toutes choses quoique l’hiver ait été assez doux.

Année 1740
Le 9 et le 10 du mois de janvier il a fait un vent si froid que la Moselle fut toute prise et gelée. Le froid n’a point fait de tort aux biens de la terre parce que la providence divine avait couvert les terres d’un peu de neige et tout avait été séché. L’été a été toute pluvieuse, l’on a commencé à faire la moisson le 14 août et malgré l’inconstance du temps nous avons par la miséricorde de Dieu, engrangé nos biens sans pluie, quoique pas trop secs à cause que l’air a été toujours couvert et menaçant à chaque moment la pluie. Le 9ème jour de novembre nos raisins ont été gelés après la Saint-Martin. Nous avons eu jusqu’à Saint-Thomas des pluies continuelles. La Canner avait sorti 5 fois de son lit et répandu 2 jours de suite dans les prés. La Moselle était navigable dans Sierck pendant 8 jours entiers.

Hiver 1745
Son commencement chaud sans déjà beaucoup de pluie. Son milieu, 3 semaines de gelées presque sans neige. La fin rude, fortes gelées (du 3 au 12). Le temps s’est adouci du 12 au 16 pendant le jour, les nuits : gelée.

Année 1746
En 1745 le temps s’est radouci au premier quartier de lune le 31 décembre. Le 11 janvier le froid recommence. Tout l’été a été fort beau. Les chaleurs ont été tempérées par des pluies chaudes sans abondance. Le demi dernier, octobre, novembre et décembre toujours pluvieux.

Année 1749
Cette année a été la plus sèche de toutes celles dont l’homme peut se souvenir. Avant la moisson les grains ont rachati extrêmement. La sécheresse a continué jusqu’au 14 du mois de janvier de l’année 1750.

Année 1750
Cette année a été très fertile en grains, les fruits ont manqués par la gelée qui a surpris la fleur, la vendange a été très médiocre dans certains cantons, dans d’autres abondante. C’est ainsi que la providence reprend les biens où il lui plaît.

11 mars 1756
Tremblement de terre vers 8 heures du matin, remarqué par un mouvement semblable à celui qui met ses pieds sur des planches non clouées. Il a été constaté par ceux qui étaient dans la rue et au dedans de la maison, par un maçon appuyé contre le mur de sa maison et qui a crié tout haut « la maison tremble ». On a senti des secousses à 5 ou 6 reprises consécutives, l’espace de 3 minutes, si sensibles que la batterie de cuisine se balançait.

Année 1766
Cette année sèche comme les précédentes a été fertile et abondante, le vin très bon, le prix des froments qui était en vendange de 12 livres, est actuellement de 10 et 20 par le manquement des grains d’Italie et autres lieux où elles poussent. La sécheresse continue et le beau temps.

Année 1770
Pendant l’année 1770 il y avait dans toute la France une cherté inexprimable. on a vendu le blé jusqu’à 24 livres la quarte, le seigle 16 livres, l’orge 20 livres, l’avoine 10 livres, les fèves 16 livres, les pois 14 livres, les nentilles 22 livres, les pommes de terre 10 livres. Beaucoup de personnes sont mortes de faim.

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