Les injures et les coups

22 janvier 1644
Pierre est en prison sur les dépositions de François et de sa femme Françoise. Pierre âgé de 24 ans, vigneron avait rencontré Pierson son beau-frère qui déchargeait du vin. Il est ensuite accusé d’avoir brisé une vitre de la chambre de François son accusateur et beau-père, d’avoir tiré un coup d’arquebuse dans la chambre afin d’assassiner son beau-père et sa belle-mère.

11 janvier 1656
Marion épouse de Clément, a dit que son mari était battu. Trouvé gisant auprès du feu chez lui, il a déclaré que deux heures auparavant passant derrière l’église, il rencontra François qui s’est jeté sur lui pour le battre et l’aurait tiré par les parties honteuses si fort qu’il ne pouvait plus remuer.

François a comparu couvert de sang vers 8 heures du soir et s’est plaint qu’un quart d’heure auparavant comme il voulait rentrer dans son logis, Clément l’aurait attendu pour le battre si fort qu’il en avait reçu les coups et plaies qu’il a montrés à savoir, plaie ouverte sur le nez, à la joue droite et à la main droite.

24 juin 1661
Pardevant le maire et les gens de justice est comparu Didière ayant été avertie que son beau frère Mangin était battu et meurtri de coups par Claude et sa femme. Le maire a requis que ledit Claude soit promptement emprisonné ou qu’il donne bonne et suffisante caution pour répondre de tout ce qui peut arriver de ces blessures, comme de tout dépens dommages et intérêts qui se feront à la poursuite.

27 janvier 1675
Pierre Robert, ayant fait abjuration de son hérésie et quitté la religion prétendue réformée, très solennellement dans cette église le 27 janvier 1675, comme il se voit au registre de ladite année, et le même Jean ayant épousé ladite Marie peu de temps après, il fit voir que ce qu’il avait fait n’était que feinte, car il repris sa première religion non pas ici d’autant qu’il ne lui était point libre, mais dans une autre ville où il alla avec les enfants de son premier lit et avec ladite Marie qu’il y traîna après avoir vendu le bien qu’il avait ici. Des deniers qu’il en reçut il acheta en ladite ville une maison avec un jardin en dépendant.

Un jour il fit croire à cette pauvre femme qu’il voulait faire un puits dans ce jardin, et lui fit creuser une fosse mais c’était pour l’enterrer, car travaillant dans cette fosse ce misérable lui déchargea sur sa tête un coup de hoyau dont elle fut assommée, et l’enterra.

Il crut couvrir le coup par le moyen de deux lettres supposées et un faux certificat qui lui fut donné par un huguenot d’ici qui n’en est pas encore puni.

Le crime fut découvert par ses propres enfants. A son retour il fut exécuté à mort par un cruel tenaillement le 25 jour du mois de décembre de l’année 1676. On dit qu’à sa mort il confessa avoir fait mourir sa première femme, sa mère et son frère.

26 juillet 1681
Antoine tant en son nom qu'en celui de Catherine sa femme, dit qu'il a le malheur d'être voisin de Jacques. Lequel, sa femme et ses enfants se mirent à quereller, maltraiter, injurier Antoine et sa femme, leur jetant des pierres de derrière la maison pendant qu'il accommodait une haie, l'appelant voleur, larron, étouffeur d'enfants, puis se mirent en devoir de le tuer, ce qu'ils auraient fait si ledit Antoine ne s'était sauvé, enfui jusqu'à ce que il eut trouvé la porte de la maison de Pierson, son oncle.

Après quoi, ils attaquèrent sa femme au devant de sa maison. La femme de Jacques la prit par le bras, la secouant et la frappant.

Antoine sortant de la maison de son oncle, accourut sans pourtant pouvoir éviter la rage dudit Jacques, de sa femme et de ses enfants, ladite femme disant qu'il fallait qu'elle les tue quand bien même elle devrait être pendue. Lui ayant jeté une bêche, son mari l'excitait, lui disant : tue, tue.

Antoine et sa femme s'étant sauvés au logis de la veuve Didier, Jacques et sa femme les y poursuivaient et Jacques ferma la porte de devant pour les enfermer, disant qu'il fallait qu'ils les tuent avec un couteau, sa femme ajoutant qu'ils ne mourraient d'autres mains que les siennes, disant aussi qu'elle voulait arracher les parties au suppliant, lui tirant même la chemise pour exécuter son dessein.

S'étant échappé de ses mains, il n'osât retourner dans sa maison, les voisins le guettant toujours, l'attendant à la sortie de la maison forte où il avait été contraint de se sauver. Ceux-ci continuant de dire qu'ils le tueraient, répétant sans cesse les mêmes injures qui durèrent jusqu’à 5 à 6 heures du soir, et reprenant le lendemain.

18 mai 1683
Le 18 mai 1683 la femme de Mangin et la fille de Jean, se disputaient dans la ruelle. Mangin voyant la difficulté entre les deux femmes, y a couru et à l'instant Catherine, la fille de Jean cria à haute voix "Aÿ de Mon dieu, l'on me tue" en descendant ladite ruelle.

Les témoins racontent

Nicole a vu la femme dudit Mangin dans la ruelle où elle rejoint Catherine la voit, l'appelle "sorcière et qu'elle avait été dans la chemise du maître d'école. Sur quoi Catherine lui répliqua "qu'elle n'avait point parlé et que c'était elle qui était dedans".

La femme dudit Mangin lui dit qu'elle lui jetterait des pierres. Catherine lui répliqua puis poursuivit son chemin, fit rencontre de Mangin qui entendant du bruit, avait accouru. Mangin la frappa en passant de plusieurs coups à tour de bras.

La soeur de Catherine qui était au dessus d'eux, dit à Mangin, laissez la, sur quoi ledit Mangin a couru et commença à prendre Catherine par les cheveux et la tirant dans la haie. La soeur de Catherine y a couru non pas jusqu'auprès d'eux craignant d'être maltraitée et s'écria "s'il n'était pas honteux de la maltraiter de la sorte".

Catherine aurait dit que la femme de Mangin lui aurait dit qu'elle était une "garce de soldat"

Françoise dit qu'elle avait rencontré Catherine au milieu du village, et qu'elle lui avait demandé si elle ne saignait pas au visage, sur quoi Françoise lui a dit si. " Alors Catherine cria qu'elle était tout ensanglantée sur le front.

Didiotte dit que la femme de Mangin a dit à Catherine "te voila menteuse".

8 novembre 1690
Domange demande d'aller voir à sa maison, le désordre et l'insolence commis par plusieurs garçons, qui ont jeté une échelle et des grains, la porte du grenier était toute mouillée, comme de pisser et ledit Domange était en sang. Ont été reconnus, le fils de Jacques, le fils de la veuve, les jeunes Girard ainsi que Pierron qui avait son violon sous le bras.

25 avril 1695
En 1695 Jean est un sergent en la haute justice.

Le 25 avril Jean se plaint formellement d'avoir été maltraité, de voies de fait et de paroles par Marie épouse de Gaston, de coups de pieds, de poings et bourrades d'un chaudron de fer, lequel était plein d'eau, et l'aurait renversé sur ledit Jean, et contre tous ses habits. Lequel avait commission de faire le recensement des bourgeois et étant à son domicile pour l'exécuter en ses meubles. Ladite Marie avait fait force violence d'empêcher ladite exécution et avait repris ledit chaudron d'entre les mains de Jean, en le bourrant de coups de poings, de pieds et lui aurait aussi jeté l'eau sur le corps, lui aurait en outre déchiré le rôle qu'il avait en main.

16 septembre 1699
Interrogatoire de François, 13 ans, fils de Gigoult, accusé et prisonnier. Il a pris un fusil chargé de poudre qui était dans la chambre de Jean et a blessé à l'estomac, Dominique le fils de Jean, qui était son camarade, et qui est décédé.

1août 1716
Nicolas fait plainte que travaillant dans sa vigne a été surpris de se voir attaquer par François et sa femme et sans aucune provocation de sa part.

Ils se seraient jetés de fureur en le battant et maltraitant avec plaie ouverte au visage et sur la main dont il y a épanchement de sang, lui ayant même déchiré sa chemisette.

Il s'est fait visiter par le chirurgien et fait délivrer un médicament.

François dit que Nicolas a cueilli des cerises aigres lui appartenant. Nicolas en colère, les injurie en les appelant bande de voleurs et coure sur eux en les frappant et maltraitant à coups de botte.

11 août 1732
Michel en qualité de berger domestique avait conduit le troupeau de bêtes blanches au pâturage. Pierre par méchanceté et accompagné de plusieurs valets, a fait courir des chevaux à travers le troupeau et donné des coups à la fille et au fils du berger, notamment en battant la fille avec son fouet pour empêcher les bêtes d’aller pâturer.

25 mars 1779
À 5 heures du matin Elisabeth avait été chez Barbe pour lui emprunter une houette mais étant dans l'allée de la maison elle avait rencontré Anne qui avait une bouteille forte à la main avec laquelle elle a frappé Elisabeth de façon qu'elle lui a fait une blessure au front très considérable et l'a ensanglanté.

Ensuite que la mère et la fille ont voulu l’entraîner dans leur chambre pour mieux jouir de leur férocité ce qui serait arrivé si Elisabeth n'avait point été secourue par sa fille et son mari qui sont survenus aux cris qu'elle poussait, de se sentir maltraitée de la sorte et pour ainsi dire presque assassinée.

4 avril 1788

Humbert cabartier a dit que Nicolas, garçon tenant ménage avec sa mère, serait entré chez lui, qu'il était saoul de vin comme une bête et aurait demandé une chopine. Humbert lui a répondu qu'il en avait assez et qu'il n'aurait point de vin chez lui. Nicolas aurait prit l'aubergiste et l'aurait frappé dans sa maison.

Il y avait un marchand de chapeaux et un garçon, tous deux étrangers, voyant qu'il frappait leur hôte, ils l'auraient pris et conduit à la porte.

Les volets étant fermés ledit Nicolas aurait prit des pierres et aurait cassé et brisé les volets et les vitres en pièces et en morceaux.

Ledit Nicolas s'était retiré pour un moment, et étant revenu comme un furieux, aurait achevé de briser les vitres et serait entré par les vitres comme un voleur.

27 janvier 1914

Un bataillon de Prusse fêtait l'anniversaire de l'empereur dans une auberge. Deux consommateurs lorrains discutaient en français. Un lieutenant s'approcha et leur ordonna de parler allemand ou de sortir. Les deux lorrains passèrent dans la salle à coté, puis continuèrent à parler français avec deux autres consommateurs lorrains.

Le lieutenant revint pour constater qu'ils parlaient toujours en français. Il leur ordonna d'un ton impératif de parler allemand car par leur attitude ils troublaient la fête de l'empereur. A quoi les lorrains répondirent qu'ils avaient le droit de parler français.

Un deuxième lieutenant intervint alors et fit arrêter les lorrains par ses soldats. Comme c'était l'usage en Lorraine, les lorrains étaient restés couverts. " Ôtez vos casquettes, vous êtes devant un major prussien" Ceci dit, le major d'une claque décoiffa l'un des lorrains, alors qu'ils étaient déjà en état d'arrestation.

L'un des lorrains essaya de s'expliquer poliment. "Taisez vous, cria le major, vos casquettes vous ont fait connaître, les bons français ont passé la frontière, ceux qui sont restés sont la lie du peuple." Les lorrains furent conduits à la mairie pour être remis entre les mains de la police, qui les remit aussitôt en liberté.

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