Le crime de la rue St Pierre....

Nous sommes vers le milieu des années 60. Un meublé sordide, un amant jaloux, tout les ingrédients d'un Simenon. Cette affaire avait remué le microcosme sablonais à l'époque.

Elle était barmaid dans une boite de la rue Serpenoise. Jeune, belle, elle attirait les regards. Elle vivait rue St Pierre, au dernier étage d'un immeuble.

Son amant était jaloux, très jaloux même. Sans doute supportait il mal les absences de sa femme.

Un soir, elle fut en retard. Il l'attendait dans le petit meublé. Quand elle franchit la porte, ce fut les reproches, les cris, "Où étais tu encore, et avec qui...".

Alors, celui qui allait bientôt devenir un assassin se saisit d'une petite hache. Que faisait elle là, l'avait il amené, personne ne le sait. C'est vrai qu'une hache n'est peut être pas utile tous les jours dans une cuisine, à part pour couper les queues des artichauds, et encore, un couteau suffit, mais il doit être bien aiguisé.

Bref, j'ai perdu le fil. Alors il se saisit de la hache, regarda dans les yeux sa victime terrorisée, et porta un premier coup à la tête, puis un second, puis un troisième. Il était comme fou.

Ensuite, trempa ses doigts dans le sang pourpre et chaud de sa malheureuse victime, et inscrit des mots orduriers sur les murs.

Il posa la hache, se dirigea comme une automate vers la fenêtre donnant sur la cour. Il l'ouvrit, monta sur le rebord, s'arquebouta en regardant les cinq étages de vide.

Et puis il donna une dernière impulsion pour expier son crime. Il s'était lui-même condamné. Son corps flotta dans l'air deux ou trois secondes. Il vit de ses yeux exorbités le pavé de la petite cour se rapprocher très vite.

Et puis, plus rien. Splatch !

Comme quoi, le Bronx ou la banlieue ouvrière de Londres n'ont pas l'apannage des crimes crapuleux. Notre Sablon aussi à su produire des scénarios de polards.

Ajouter un commentaire

Le code HTML est affiché comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Haut de page