Il neigeait....

Il avait neigé toute la nuit. Le matin, nous étions comme des fous dans la cour de récréation. Glissades, bonhommes de neige, bataille de boules, que des jeux strictement interdits par le règlement. Les coups de sifflets fusaient sans que personne n'en tienne compte. Je ramassais de la neige pour en faire une boule et je me préparais à la lancer. C'est alors Je vis dans les yeux de mes copains une expression de terreur à l'idée de recevoir le projectile. J'étais étonné de faire autant d'effet à mes petits camarades que s'enfuyaient comme si j'étais le diable en personne.

Soudain, je ressenti un très violent choc sur ma joue gauche qui me fit perdre l'équilibre. J'étais par terre, un peu sonné, dans la neige. Je vis, à cinq centimetre de mon visage, deux chaussures noires, type administration, d'une pointure certainement supérieure au 46. Je remontais légèrement et vis l'ourlet d'un pantalon gris sombre, Je remontais encore du regard les jambes puis le corps. Tout en haut, j'apercevais le visage fermé, les sourcils épais froncés sur deux yeux qui me fixaient d'un air pas du tout aimable.

C'était Monsieur Schont, notre Directeur.
Je voulais lui faire remarquer que le jeune Napoleon Bonaparte se livrait au même genre de jeux dans la cour de l'école de Brienne le Chateau, mais je n'ai pas osé.

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